Chaque matin, je reçois le petit rapport d’Actualitté sur, comme son nom l’indique, l’actualité littéraire (ou plutôt le buzz qui l’accompagne, sa sauce en somme). Même si je suis de bien plus près cette actualité tout au long de la journée. Ce matin, donc, je lis l’article intitulé ebooks, eBooks ou e-books ? : quel mot utiliser ? Quelle palpitante question !

Il est vrai que j’ai une préférence pour le terme « livre numérique », parce que je vis en France, je ne parle (honte à moi!) couramment que le français, etc. C’est souvent plus simple d’avoir recours au terme français, à condition qu’il existe et qu’il n’ait pas de connotation snobinarde. Mais le terme français a ce défaut d’être un peu long. Un terme condensé comme e-book est bien pratique.

Je pensais quand j’ai commencé à travailler pour les éditions Dominique Leroy que le terme adéquat était e-book avec cette orthographe-là. Book pour livre, un train d’union pour attacher à l’autre mot, lequel est réduit à un simple e. Comme dans e-mail en somme (même si j’ai une préférence pour le terme courriel). Or, la maison d’édition utilisait eBook. Oui, pas de trait d’union, un b majuscule pour signaler une séparation des mots qui ne figure pas concrètement. Comme ChocolatCannelle en somme. J’ai demandé pourquoi cette orthographe. Et l’éditeur m’a répondu qu’ eBook ainsi orthographié était davantage en usage. Cette question et cette réponse ont eu lieu il y a un an et demi environ.

Je rigole donc un peu, si vous me permettez, lorsque je vois que l’usage d’eBook au lieu d’e-book est considéré comme une actualité.

Actualitté justifie en fin d’article l’utilisation d’anglicismes. J’ai dit ce que j’en pensais. J’utilise « week-end » comme tout le monde. Mais utiliser « lecteur ebook » au lieu de « liseuse » comme ils le revendiquent… Ben non… Le terme liseuse n’est-il pas fréquemment utilisé sans pédanterie ?

J’ai téléphoné hier à ma mère et lui ai dit : « vendredi, j’ai acheté une liseuse. Tu sais ce que c’est ? » Elle me répond oui, un gilet. Effectivement, le terme désigne un gilet, j’ai même failli m’en crocheter un. Imaginez un petit pardessus léger et confortable, qui réchauffe lorsque l’on lit confortablement installé dans son lit… Une bouillotte élégante pour les épaules. J’ai donc dû détromper ma mère sur mon achat. Et elle me répond « ah mais oui, j’en ai vu à la télé. » Le terme n’est donc pas rentré dans les mœurs, mes parents étant pour moi une référence de la vie campagnarde loin des technologies. Mais si j’avais dit « j’ai acheté un lecteur eBook », je ne pense pas que ma mère aurait su davantage de quoi il était question. Conclusion : le terme liseuse peut très bien être semé en France avec ce sens de « lecteur de livres numériques », encore faut-il l’utiliser.

PS : Je ne vous raconte pas comme je suis satisfaite de ma liseuse kobo glo. Impeccable ! Je vais éviter dorénavant d’acheter des livres en papier, je vais condenser ma bibliothèque dans ma liseuse. (Cela se fait de demander des services presse en ePub au lieu de recevoir des gros paquets dans ma boîte aux lettres ?)