Des couleurs pastel pour un dessin qui attire l’oeil : en tout cas, cela a été mon cas. De page en page, via Facebook, je suis arrivée sur le site de Lettrae vox, revue littéraire et artistique. Rien d’érotique au premier abord, mais la littérature, et l’art en général, m’intéressent et englobent à mon sens l’érotisme autant que d’autres thèmes.

Quatre onglets sur le site de la revue : appel à textes et à illustrations, concours d’écriture, on recherche et boutique. Un concours d’écriture de contes de Noël, un appel à textes sur le thème de l’arbre, une revue qui ne se contente pas du support papier mais qui propose une version en CD audio ou en téléchargement mp3, un format numérique, mais aussi une revue papier en grands caractères pour les malvoyants : des initiatives intéressantes ! La revue a édité son numéro 0. Je me suis donc adressée à Aurore, et lui ai posé quelques questions sur Lettrae vox :

 

Quelle est la relation entre la revue Lettrae vox et les éditions La Plume de l’Argilète ? Quel est votre rôle, Aurore, au sein de ces deux instances ?

Tout a commencé sur un merveilleux coup de hasard, en mai 2012 : je cherchais un serveur pour créer un site web, et en parcourant des exemples, je suis tombée sur le site de l’association. Il s’avère qu’à ce moment, Jennifer, la présidente, cherchait des correcteurs. C’est à partir de là que le contact s’est lancé. Échanges littéraires, coups de téléphone, anecdotes, idées qui fusent, écoute et compréhension. C’était le début d’une jolie petite histoire d’amitié. Quand j’ai évoqué à Jennifer, en juillet, l’idée de créer une revue pour promouvoir l’association (c’était son but premier avant tout), elle m’a dit : « Ok, mais tu la gères sur tous les niveaux, tant en maquettisation qu’en propulsion : c’est toi la rédac’ chef’ ! ». Tout s’est donc mis en place très vite et la maquette était finie fin août. Le projet initial, en quelques lignes, était de faire une revue facile de propulsion, notamment sur les salons, accessible à tous, d’un point de vue ligne éditoriale que formats, afin que le nom de l’association et ses objectifs puissent toucher un plus grand nombre. 

Qu’est-ce que Lettrae vox ? Pourquoi ce nom ? Que publiez-vous ? A quelle fréquence ?

Aujourd’hui, en plus du projet initial dont j’ai déjà parlé, Lettrae Vox est vraiment un tremplin pour de jeunes auteurs qui souhaitent s’aventurer dans le milieu littéraire, tandis que pour d’autres, elle est plus une façon de montrer ce qu’on fait, de se faire connaître, ou juste de partager. Plusieurs auteurs ont été repérés, et des contrats d’édition ont été mis en place à la suite du premier numéro. Notre but, maintenant, est vraiment de rechercher, d’aider ou encore de valoriser des auteurs dans notre passion qu’est la littérature. La revue est vraiment une anthologie de textes ou d’images, qu’il s’agisse de poèmes, nouvelles, haïkus, graphismes, photos, dessins, et j’en passe. Pour le moment, la revue est annuelle et sort pour la rentrée des classes. Cela dit, j’essaie de m’activer davantage pour qu’elle devienne bi-annuelle, mais avec toutes mes activités en plus de l’association, c’est assez compliqué, d’autant que nous ne percevons aucune rémunération pour assurer le prix le plus bas.

En ce qui concerne le nom, je me rappelle à quel point on a pu galérer… Je voulais quelque chose en latin, d’une parce que l’Argilète était un quartier de Rome, de deux parce que j’en ai fait une petite dizaine d’années et que c’est une langue qui m’a toujours passionnée. Lettrae Vox, qui m’est venu par hasard et sans grande conviction, peut se traduire par « La voix de la Lettre ». Et là, révélation : tout concordait avec les projets de l’association : les enregistrements audios sur CD ou les téléchargements MP3, tout ça bercé par la littérature. Ce nom a été adopté à l’unanimité !

Parlez-nous de votre numéro 0 : que contient-il ? Pourquoi cette mise à disposition dans tous ces supports, qu’il s’agisse de textes ou d’audio, de numérique ou d’œuvre palpable ?

Le numéro 0 est le pilier des prochains et je garderai ce schéma de mise en page. Il contient les dernières actualités de l’association, des articles rédigés par des professionnels de l’édition (pour ce numéro, on a évoqué en long, en large et en travers les pièges des éditions à compte d’auteur), une interview, et, pour finir, une bonne trentaine de pages de textes et images venus d’un peu partout (nous avons une illustratrice italienne !). Nous avons consacré beaucoup de temps à l’enregistrement audio des textes, car ils sont tous mis en musique, et ce pour faciliter l’accessibilité à la lecture des déficients visuels (d’ailleurs, un handicapé loup a été édité à plusieurs reprises au sein de La Plume de l’Argilète). Je trouve ça tellement terne d’écouter un texte monophone quand il s’agit de plaisir ou de détente ! Cela dit, nous avons remarqué que les supports audios étaient plus appréciés à la vente, même par des gens qui n’ont aucun problème. Manque de temps ou de volonté de lire, peut-être. La revue est également en vente en format numérique, parce qu’aujourd’hui, c’est devenu incontournable, c’est pratique et peu cher. Enfin, il y en a pour tous les goûts.

 


Que pensez-vous faire pour le prochain numéro ? Pourriez-vous détailler cet appel à textes sur le thème de l’arbre ? Qu’attendez-vous ? Quel type d’écrits ? L’érotisme pourrait-il y avoir sa place ?

Pour le prochain numéro, j’ai choisi le thème de l’arbre par pur hasard. Il s’avère qu’en rangeant mon PC, j’ai retrouvé une vieille toile que j’avais peinte pour une expo, et je me suis dit que ça pourrait être un thème à élargir. Effectivement, quand on connaît toutes les symboliques de l’arbre, on voit qu’il y a matière à travailler : on retrouve l’arbre en médecine, en religion, il est symbole de connaissance, il y a aussi l’arbre de vie, etc. Il y aurait de quoi faire plus d’une thèse sur ce sujet ! Ce que nous attendons, ce sont vraiment des textes originaux. En personnifiant ou réifiant un arbre, par exemple, en utilisant une typographie particulière (j’aime beaucoup Butor là-dessus, ses travaux ayant la prétention de signifier par-delà et en deçà des signes habituels que sont les mots), une tonalité particulière, et là je pense à l’érotisme, oui, et ça serait formidable de relever le défi ! Comment faire de l’érotisme avec un arbre ? Je ne me suis pas posé la question, mais j’attends de voir. En fin de compte, la surprise est le maître-mot !

Vous réalisez en parallèle un concours d’écriture autour de contes de Grimm. Pourriez-vous nous donner quelques informations à ce sujet : quelles sont les contraintes d’écriture ? Comment se déroule ce concours : qui lit, qui choisit, que deviennent les textes ?

 C’est Jennifer qui gère ce concours, mais je peux tenter d’en parler au mieux. En ce qui concerne les contraintes d’écriture, il faut se plier au thème imposé par l’association. Encore une fois, quand on sait que l’on reçoit entre 200 et 300 manuscrits par concours, l’originalité et la surprise sont nettement appréciées, tant d’un point de vue narratif que stylistique. Pour sélectionner les textes, le comité de lecture, dont je fais partie, a une petite fiche à remplir afin de noter chaque tapuscrit ou manuscrit, ce qui permet après de voir si telle ou telle histoire vaut plus le coup d’être mise à l’écart pour relecture ou non. Le texte coup de cœur est celui qui gagne et qui est publié, mais il y a aussi des « Mention d’honneur », qui peuvent également faire l’objet d’une publication. Je tiens à préciser que la participation est gratuite, et que chaque participant peut envoyer au maximum un texte qui doit avoir un titre

Que souhaitez-vous développer avec cette revue ? Quels sont vos projets à plus ou moins long terme ?

Avec la revue, j’ai envie de parcourir les salons, de faire des rencontres, de faire plaisir, et de me faire plaisir. Comme je l’évoquais plus haut, je souhaite découvrir de nouveaux auteurs, leur donner une chance d’être publiés, même s’il ne s’agit que d’un texte ; il faut un début à tout. Plus que tout, je veux que les déficients visuels aient accès à la lecture, car je me rends compte que, si moi, un jour, je ne peux plus lire, et que personne ne se soucie de la souffrance que ça engendrerait, je serais malheureuse. J’aimerais aussi pouvoir en parler en faisant des interventions dans des classes, en allant à la rencontre de jeunes auteurs, puisqu’il s’agit vraiment d’un engagement en faveur de la lecture et de l’écriture, qui, on le sait, se perdent aujourd’hui, ou ne sont pas reconnues. Avec quelques partenaires, j’essaie de monter un « réseau » de propulsion de nos activités littéraires respectives. Je crois en le dicton qui dit qu’on est plus fort ensemble que tout seul, et c’est ce que j’essaie de développer, en plus de faire connaître l’association. Si, un jour, les membres de l’association, notamment Jennifer et moi-même, arrivons à vivre de notre passion, nous serions totalement épanouies.

Vous-même, Aurore, écrivez. Pourriez-vous nous dire quelques mots sur vos réalisations et vos projets ?

J’ai effectivement publié un premier recueil de poèmes en février, Égarement et Contemplation. Il s’agit de poèmes à la manière de mes influences, je pense notamment à Baudelaire, pour ne citer que lui. C’est parti d’une envie de jouer avec l’art visuel. En fait, j’ai sélectionné des natures mortes, notamment des vanités, j’ai écrit à partir d’elles, et voilà. Ma deuxième publication est un recueil de nouvelles, poèmes ou phrases, que j’aime appeler « roman expérimental », car je me suis lancé un défi : comment écrire un roman à l’eau de rose sans qu’il soit à l’eau de rose et qu’il traduise à la fois mon style et ma personnalité ? De là est né Supernova noyée dans l’Atlantique, et j’en suis assez satisfaite, c’est vrai. Un recueil de maximes et citations de mon cru, illustré par un ami, Trouble Fête I est aussi sur le point de sortir. Mon premier livre jeunesse est actuellement entre les mains d’une illustratrice, et il devrait voir le jour début 2013. Pour finir avec les prochaines parutions, avec mon photographe préféré – celui qui s’est occupé de Trouble Fête I, nous sommes en train de faire un livre « éventail » (un peu comme les Incollables, mais horizontalement), de belles phrases sur de belles photos. J’ai également d’autres projets : écrire un livre à visée éducative pour les enfants, un livre encyclopédique sur le metal (qui est actuellement en cours d’écriture) qui sera mis en musique (c’est-à-dire qu’il sera accompagné d’un CD audio afin d’illustrer et de faciliter l’apprentissage des bases des différents genres de metal), un livre sur Orphée, ou « comment approfondir mes TPE de première L », la suite de la série Trouble Fête, et pour finir, un ouvrage scolaire sur les notions fondamentales du français, sous forme de fiches ludiques et amusantes.

 A retrouver sur : http://lettraevox.com