Je devrais être contente, et pourtant ce n’est pas le cas. Étrange sensation.

Aujourd’hui, je vais vous parler du dégoût de la fille qui a écrit une nouvelle, qui tient en main le recueil dans lequel figure la nouvelle, en l’occurrence Osez 20 histoires d’amour… et de sexe, et qui n’a pas envie de lire le livre, parce que son propre texte figure dedans, parce que son propre texte l’écœure. Non qu’il soit mauvais, je ne dirais pas qu’il est bon non plus, le premier paragraphe autant que je m’en souvienne aurait sans doute mérité d’être retravaillé mais qu’importe, le texte se lit, on a pu l’aimer, du moins on me l’a dit. Et puis je l’ai aimé moi-même, un temps. Ce n’est pas ce qu’il contient qui me répugne. J’aime écrire des cochonneries.

Alors quoi ? Je sais déjà que lorsque j’ai écrit un texte, il faut que je m’en débarrasse vite, que je l’envoie au plus vite, avant que le texte ne m’écœure, que je n’aie envie de le jeter. Je m’amuse à écrire, j’y consacre du temps, je relis, ça va encore, je relis, relis, ça passe, mais très vite après les dernières modifications, hop, envoi direct pour ne plus revenir dessus, pour ne pas ressentir ce dégoût qui risque de m’étreindre. Et je passe à autre chose, très vite, pour oublier. Ou à un autre texte, parce que j’ai une autre idée en tête, soit pour l’écrire, soit pour imaginer ce que je vais écrire quand j’aurai du temps pour ça. Ou à une autre activité, toujours dans l’esprit de créer, que ce soit un pain d’épices, un dessin au fusain (mon dada du moment), une affiche pour le carnaval, une couverture pour un livre de la collection… Peu importe la création, il me faut un dérivatif.

Si cela ne touchait que mon texte, je pourrais lire l’ensemble du recueil et sauter le mien. Après tout, je ne vais pas m’amuser à le relire, je me souviens encore à peu près de ce qu’il contient. Mais le dégoût frappe le livre dans son intégralité. Pour l’instant, donc, impossible de le lire. Peut-être dans plusieurs jours, ou dans plusieurs semaines… Quand j’aurai utilisé suffisamment de dérivatifs.

Cela ne nuit pas à mon envie d’écrire d’autres histoires. J’en ai commencé une que j’aimerais bien, si j’arrive au bout, adresser à la revue Mauvaise graine. J’ai une idée pour un autre texte qui pourrait être un peu long. Pour ma collection ? Il n’y a plus de place pour ma collection avant longtemps et j’ai déjà un texte en attente d’être publié (un texte qui ne me dégoûte pas encore!). Alors on verra…

Voilà, je n’ai plus grand chose d’autre à dire. A part que je déteste la couverture de Osez 20 histoires d’amour… et de sexe. Illustration moche que je connaissais d’ailleurs déjà pour avoir lu un Dictionnaire qui proposait la même image…