Le blog chocolatcannelle a cinq ans. Oui, tant que ça ! Ici ou ailleurs, puisque le blog existait sur canalblog avant de passer assez récemment sur wordpress. Pour fêter l’événement, je vous propose de revenir à la base de ce blog, que j’ai créé parce qu’un jour Jean-Pierre de la boutique NeOplaisir.com m’a dit quelque chose comme : « mais pourquoi tu ne crées pas ton espace sur Internet au lieu d’écrire seulement pour autrui ? » Alors aujourd’hui, c’est à Jean-Pierre que je laisse la parole, avec quelques questions sur NeOplaisir, un « love shop », « love store » ou tout autre terme que l’on utilise pour nommer ce type de boutique dédié à la sexualité qui se diffère sensiblement des sexshops par son esthétisme, les produits vendus, etc.

***

En quelle année le « love shop » NeOplaisir a-t-il été créé ? Comment ? Pourquoi ?

Neoplaisir a été créé  en 2007. Pourquoi, c’est un peu une longue histoire. Au départ, je travaillais pour la presse de charme ( Union,  Newlook, PlayBoy,  Couples, etc. ).  J’avais un ami quoi préparait son mémoire MBI Sophia Antipolis et pour lequel, il devait simuler une création d’entreprise. Je suis tombé sur un article publié par Libération qui disait que les Françaises et Français avait un très gros retard par rapport aux pays anglo-saxons en matière de consommation de sextoys. J’ai proposé ce thème à cet ami qui m’a dit : «  Chiche, mais comme tu connais mieux ce milieu que moi, tu m’aides dans mon mémoire. » Et c’est comme ça que Neoplaisir est né. Le mémoire est devenu réalité.

 

Peux-tu nous parler des débuts de la boutique ?

Les débuts ont été assez lents. C’est assez difficile de se faire une place sur Internet. Ce qui n’a pas facilité les choses, c’est que beaucoup de gens ont eu la même idée que nous et qu’à partir de 2008, les sites de ventes de sextoys ont commencé à se multiplier sur la toile. La concurrence est devenue très difficile avec des acteurs qui sont arrivés sur ce marché avec de gros moyens. Il a donc fallu s’accrocher et tout mettre en œuvre pour se faire un « petit nom » dans ce secteur. Nous y sommes arrivés mais c’est une remise en cause de chaque instant sur notre travail.

 

C’est quoi, concrètement, être gérant d’une boutique en ligne de sextoys, lingerie, etc. ?

Un gérant d’une petite entreprise comme Neoplaisir doit se tenir au courant de tout : la concurrence, les nouveaux produits, les tendances… Il doit surveiller tout ce qui se dit et se fait sur Internet. On a très vite fait de prendre du retard. Il doit travailler avec le webmaster pour les améliorations du site, avec l’agence de marketing qui gère les  campagnes Google. Son travail est de trouver aussi de nouvelles idées pour se différencier de la concurrence et assurer le sérieux de tout le suivi client. C’est plus de 10 heures de travail par jour.

 

 

 

Neoplaisir est une boutique dont nous entendons régulièrement parler si nous écoutons l’émission de Brigitte Lahaie sur RMC. De quand date ce partenariat avec l’émission de radio ? En quoi consiste-t-il ?

J’avais eu le plaisir d’interviewer Brigitte Lahaie à deux reprises lorsque je travaillais pour la presse de charme. Lorsque nous avons lancé Neoplaisir, j’ai pris contact avec Ariane, la productrice de l’émission Lahaie, l’amour et vous pour lui proposer de faire tester des sextoys aux auditeurs de RMC.  Le partenariat a dû débuter fin 2007, début 2008.  Nous offrions également des chèques cadeau pour les « pin-up » de la semaine et nous avons participé à plusieurs projets, toujours sur l’émission de Brigitte Lahaie.

 

Que proposes-tu dans la boutique Neoplaisir que l’on voit peu ou pas ailleurs ? En quoi te démarques-tu de tes concurrents ?

Il est très difficile d’avoir des exclusivités sur Neoplaisir. Quand un fabricant lance un produit, il a intérêt à ce que le plus grand nombre possible de sites puissent le vendre.  Aussi nous travaillons principalement le service clients pour une satisfaction optimale. Contrairement à d’autres sites, nous ne faisons pas d’importation directe avec la Chine. Tous nos sextoys sont des sextoys de marque, répondant à de sérieux cahiers des charges, sans phtalates, etc. Nous retirons de notre catalogue tous les articles qui nous paraissent de qualité moyenne.

Nous essayons donc de fidéliser notre clientèle avec des petits plus : frais de port gratuits et à vie à partir de 35 euros d’achat dès la seconde commande, un webzine, une conseillère sexo/sextoys qui répond aux questions de tous nos clients, bientôt un forum sur les sextoys, etc.

 

Pourquoi avoir un sextoy chez soi, selon toi ?

Il n’y a pas d’obligation d’avoir un sextoy chez soi. Beaucoup de couples, de femmes ou d’hommes peuvent avoir une sexualité pleinement épanouie sans sextoys. Pour d’autres personne, le sextoy peut apporter un petit plus aussi bien sur le plan imaginaire que physique. C’est un compagnon de jeu spécialement étudié pour procurer du plaisir. Difficile, par exemple, de reproduire un effet « vibrations » autrement que par un sextoy. Des couples utilisent des sextoys pour simuler une double pénétration, d’autre comme préliminaires, d’autres encore pour varier les plaisirs… Les sextoys peuvent également apporter beaucoup dans les plaisirs solitaires. Les raisons de posséder un sextoy sont multiples et contrairement à ce qu’a écrit un sexologue connu mais d’une grande incompétence sur le plaisir féminin : on peut utiliser les sextoys sans modération. La seule chose qu’on risque, c’est de prendre du plaisir.

 

Penses-tu qu’on assiste actuellement à un regain d’intérêt pour les sextoys ?

Oui, tout à fait.  On en parle beaucoup dans les médias, presse, radio, télévision, d’où ce regain d’intérêt. Je crois aussi que la sexualité, tout en se débarrassant de certains tabous et certaines contraintes morales, devient plus ludique. Les gens ont envie de mettre un peu de fantaisie dans leur vie intime. D’un autre côté, nous trouvons sur le marché des sextoys de grande qualité, à la fois innovants et performants. Et grâce aux boutiques sur Internet qui offrent un total anonymat, franchir le pas devient très facile. A savoir quand même que le godemiché classique dit « réaliste » se porte encore très bien.

 

Quels sextoys sont les plus vendus ? As-tu une explication ?

Le  buzz Internet va influencer les clients. Le Fairy, par exemple, se vend très bien grâce à plusieurs articles plus que flatteurs publiés sur différents blogs influents. Il a même été qualifié de bombes à orgasmes ou de lance-roquettes à orgasme.

Les petits sextoys comme le Cynthia se vendent très bien. Ils ne sont pas agressifs sur le plan visuel et sont parfaits pour un premier achat.

Mais aujourd’hui, la tendance est plutôt le SM soft.  Cela avait débuté avant la parution des 50 nuances de Grey. Ce n’est pas ce roman qui a induit les comportements sexuels de certaines personnes, il n’est que le reflet de choses qui étaient déjà bien entamées : liens, pinces à seins, bandeaux, martinets… On en revient à l’idée d’une recherche de sexualité de plus en plus ludique et cérébrale.