Roman grand format d’un peu plus de quatre cents pages, VIII a été publié en mai 2013 et dort depuis ce temps dans ma chambre. Je l’ai lu hier. VIII, pour Henry VIII, ce roi anglais contemporain de François Ier et de Charles Quint qui a eu tant de femmes…

Je m’attendais à un livre terrifiant. Citons ce « né pour régner, dévoré par ses démons » qui orne la première de couverture. Citons un extrait de la quatrième de couverture : « meurtrier doté d’une cruauté sans fin ». Citons le communiqué de presse : « elle (l’auteur) nous donne le monde à voir par ses yeux. Si ce procédé apporte une fraîcheur nouvelle au récit il le rend également plus terrifiant. » En réalité, ce roman n’est absolument pas terrifiant. C’est le récit d’une vie à la première personne, au temps présent. L’enfance, l’accession au trône, le règne d’un roi qui a tant cru être l’élu de Dieu et qui n’était finalement que peu de choses.

La partie qui m’a semblé la plus intéressante est extraite du début du roman, lorsque Hal, le futur Henry VIII, cherche par tous les moyens à attirer le regard de son père, à montrer sa valeur, et se fait cruellement repousser. Le récit du règne lui-même, avec les mariages successifs, les tentatives d’invasion de la France qui échouent tour à tour, les enfants morts-nés quelle que soit leur mère, peut sembler redondant. Rien ne progresse, l’action piétine, Henry VIII se trouve sur un éternel point de départ.

Des apparitions d’un étrange enfant blond qui grandit en même temps que lui, être aux yeux creux, à la figure émaciée d’un fantôme, parsèment le roman aux moments critiques, ceux où la mort emporte à nouveau un enfant notamment. Ces apparitions surnaturelles me semblent relativement peu exploitées, le roman aurait aussi bien pu se construire sans elles.

Ce roman historique se lit très facilement, il est grand public. Il lui manque à mon sens de la consistance pour être réellement intéressant, mais pourrait satisfaire de jeunes lecteurs.

VIII, Harriet Castor, éd. MA, pôle roman, 19,90€