Cet avis de lecture a été écrit pour le forum Have a break, have a book et se trouve sur cette page : http://www.breakabook.com/t965-editeur-edibitch

Un teaser du livre se trouve sur cette page : https://www.youtube.com/watch?v=5ERLJ3qSlKc

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Dans le cadre d’un partenariat entre Edibitch, maison d’édition récemment créée, et le forum Have a break, have a book, il m’a été possible de lire ce court roman, R.O.S.E. L’Embaumeur de Montmartre de Fleur Hana. J’étais intriguée par ces éd. Edibitch, au slogan très particulier et j’ai donc sauté sur l’occasion offerte, d’autant plus que le nom de l’auteur, Fleur Hana, était loin de m’être inconnu : n’était-elle pas celle qui a publié une série d’eBooks intitulée Feeling good qui se trouvait classé en « littérature érotique » ? Deux raisons de découvrir le roman R.O.S.E. L’Embaumeur de Montmartre !

R.O.S.E. est l’anagramme d’une agence secrète dont le siège est en Angleterre. Sa mission : traquer les monstres extraterrestres pour les empêcher de nuire aux humains. Lord Spencer Fitzwilliam, fils de la directrice de R.O.S.E. est en envoyé en mission, sur le terrain, suite au meurtre d’une danseuse de cabaret. Et c’est à Paris, à Montmartre plus précisément, qu’il doit mener son enquête. Nous sommes à la fin du XIXe siècle, le Moulin rouge accueille des artistes comme La Goulue et l’on voit à ses spectacles un petit homme nommé Toulouse Lautrec… Les ruelles sombres, les toits où évoluent la bête, le quartier de Montmartre dans son ensemble et notamment les alentours du Moulin Rouge sont des éléments importants du récit. Il y a aussi toute une ambiance qui enveloppe l’enquête, avec les filles en tenue légère dans les coulisses, la jalousies entre les vedettes du cabaret, les verres d’absinthe que l’on déguste…

La mission du Lord est confidentielle, mais comment se fondre dans la masse lorsqu’on est empreint d’une telle distinction et que l’on peste contre toutes ces atrocités françaises, le thé mal fait, l’indécence des jeunes femmes (qui n’ont rien de ladies), l’inconvenance, le langage peu châtié et les caprices d’enfant gâté de Rosaline…

Rosaline Leprince est officiellement la « secrétaire » d’un journal. En réalité, elle est journaliste et signe jusqu’alors ses articles d’un nom masculin. Mais un jour viendra où elle pourra apposer son nom de femme, elle le sait… et pour cela, aucune investigation, aucune enquête de terrain ne lui fait peur. Elle enfourche sa bicyclette, non sans avoir relevé ses jupes à l’aide d’un système de ceintures confectionné par son père, libraire, érudit, et grand ami du père du Lord, à présent décédé. Rosaline est intrépide, a la détestable habitude de fumer des cigarettes, mais n’a pas le vertige quand il s’agit de traquer le monstre sur les toits… Ces deux-là se détestent cordialement, et leur relation faite de piques, de bouderies, d’énervement ajoute au charme du récit. Deux forts caractères obligés de s’allier pour mener à bien cette délicate mission !

R.O.S.E. L’Embaumeur de Montmartre est un récit écrit sur les chapeaux de roue. Vif, bien mené, intriguant, amusant, il offre une réelle distraction en environ deux heures de lecture. S’il fallait trouver un reproche stylistique à faire au récit, cela tiendrait je pense en l’usage un peu trop fréquent de la conjonction de coordination « mais ». C’est au début du récit que cet usage m’a frappé (voir par exemple à la page 17 deux phrases qui débutent ainsi.) Un détail, à vrai dire, tant on se laisse porter par les aventures de l’étrange duo. On sympathise avec le personnage déluré de Rosaline et même avec le très guindé Lord qui nous fait sourire à plusieurs reprises. Les inventions du père de Rosaline, l’effroyable désordre de son laboratoire nous permettent d’imaginer un personnage de savant fou également très plaisant.

L’Embaumeur de Montmartre est une enquête, nous en attendons d’autres. En effet, dans l’épilogue, Lord Spencer Fitzwilliam évoque une nouvelle enquête à mener à Londres, cette fois…