Grâce au forum de lecture Au cœur de l’imaginarium, j’ai pu bénéficier du partenariat engagé avec les éditions Tartamudo avec deux BD (envoyées avec un petit mot manuscrit de la maison d’édition, ce qui est vraiment rare!) : La Guerre des Gaules, tomes 1 et 2.

Le compte rendu de lecture a été posté sur le forum Au cœur de l’imaginarium. Je le reprends ci-dessous :

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Pour le tome 1 :

Le latin classique, tel que je l’ai étudié, prend pour modèle deux plumes : Cicéron et César. Et pour César, ses deux œuvres : La Guerre des Gaules (ou plutôt Commentaires sur la Guerre des Gaules) et La Guerre civile (ou Commentaires sur la Guerre civile). Dans La Guerre des Gaules, César conduit ses armées et relate ses victoires. Il s’agit d’une œuvre de propagande. Loin de Rome, César doit faire parler de lui, afin d’être un héros que l’on acclame, afin d’accéder à un pouvoir de plus en plus grand.

La Guerre des Gaules n’est pas une œuvre facile à lire. Lorsque les éditions Tartamudo ont proposé, sur le forum Au cœur de l’imaginarium, une adaptation de cette Guerre des Gaules, sous forme de bande dessinée, je me suis inscrite tant j’étais curieuse de découvrir le produit d’une telle adaptation. En l’occurrence, il s’agit d’une collaboration entre Tarek et Vincent Pompetti. Deux figures de la BD (je n’avais cependant encore jamais rien vu ni lu de tous les deux).

Cette version BD de La Guerre des Gaules comprend deux tomes. Le premier s’intitule Caius Julius Caesar (nom complet de César) et le deuxième Vercingétorix.
Voici quelques mots, pour commencer, sur le tome 1.

Le soldat romain en première de couverture est en marche, offensif, il témoigne de la détermination de son armée, et à travers elle, la détermination de son chef, César. Le personnage de César lui-même, tel qu’il apparaît dans la BD, qui se reconnaît au rouge de sa tenue, a les traits marqués ; de profondes rides sculptent son visage. Il est représenté soucieux, grave, directif. Ses ennemis sont nombreux, en « Celtique », ainsi est nommée la Gaule située au-delà des Alpes, plus au nord encore, chez les Belges et les Germains, mais aussi parmi les Romains eux-mêmes, au Sénat. Caton s’acharne contre lui et souhaite le voir défait. La BD se focalise sur les jeux d’alliance entre les différents peuples gaulois et les Romains, sur les trahisons payées au prix fort, sur les vengeances.

Il est assez difficile de saisir l’avancée de l’armée romaine, la localisation des peuples gaulois qui se liguent contre celle-ci. On se perd avec tous ces noms de peuples, entre les Gaulois alliés ou ennemis de Rome, les régions traversées, etc. C’est le point négatif de cette BD, selon moi. Le texte de César est touffu et difficile à scénariser, il faut bien s’en rendre compte…

Des efforts ont été menés pour créer des épisodes qui proposent une tension dramatique. Ainsi, des personnages ont été imaginés comme celui d’Eponine, une espionne. Un personnage féminin dans un monde d’hommes est une bonne idée.

Ce que j’ai préféré : ce sont les larges illustrations de combats, comme celles sur fond noir, aux pages 18-19.

La BD se termine par des pages explicatives. Je pense qu’il aurait été intéressant de proposer certaines explications au début de la BD, voire de glisser des informations au cœur même de la BD plutôt que de laisser le lecteur se dépêtrer seul jusqu’au bout (par exemple, placer une carte de la Gaule à l’époque de César, qui figure p. 64 au début du texte, voire replacer certaines portions de la carte à l’intérieur de la BD pour de localiser certaines batailles). Le dossier final est bien conçu. Il est agrémenté de croquis notamment.

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Pour le tome 2 :

Après le tome 1, Caius Julius Caesar, le tome 2 de La Guerre des Gaules en BD aux éditions Tartamudo : Vercingétorix !

Le partenariat entretenu par le forum Au cœur de l’imaginarium et les éditions Tartamudo spécialisées dans la bande dessinée s’est donc poursuivi pour ce deuxième tome de La Guerre des Gaules, par Tarek et Vincent Pompetti, BD librement adaptée de l’ouvrage du même nom écrit par César.

Vercingétorix, chef gaulois, est un allié de Rome. Du moins dans le premier tome. Tout bascule dans ce second tome. La BD débute en effet par un rêve de Vercingétorix, par le souvenir d’une promesse faite à son père… Est-il trop tôt pour se rebeller contre la puissance romaine, pour s’en affranchir, pour gagner enfin sa liberté ? Quels peuples gaulois seraient capables de le suivre ? Vercingétorix serait le seul à pouvoir unifier les peuples dans une guerre contre César.
Le combat est quasi fratricide, tant César et Vercingétorix ont combattu ensemble jusque là. « Le problème est là… Il nous connaît » dit César, p. 52.

Au sénat romain, les ennemis de César, Caton en tête, se réjouissent des possibles déconvenues du proconsul, que Pompée abandonne en s’alliant à la famille de Caton. Crassus meurt. C’est la fin d’une époque, de l’alliance entre ces trois hommes pour la domination de Rome.

Ce deuxième tome porte le nom de Vercingétorix. Le changement de camp du personnage est en effet crucial pour le déroulement de la guerre des Gaules. Mais tout ne tourne pas autour de lui, loin de là. Et peut-être aurait-il pu y avoir un peu plus de place consacré au personnage, à ses motivations. Le personnage central, cela reste tout de même César, avec ses tactiques militaires, sa victoire contre les Bretons, sa détermination,…

Les planches que j’ai préférées sont à nouveau des batailles, cette fois deux pleines pages (pp. 8-9), avec un fondu que je trouve très réussi de différentes scènes. La bulle « mort aux Romains » m’y semble de trop. L’image parle en effet d’elle-même.