Avant de partir une semaine en vacances, j’ai lu un roman papier, Le Bal des célibataires de Michel Peyramaure (éditions Retrouvées), pour un partenariat établi entre la maison d’édition et le forum Au cœur de l’imaginarium. Je me rends compte que j’aurais dû m’attarder sans doute un peu sur la construction du roman : certains chapitres semblent des ajouts ultérieurs, ont presque leur vie propre. C’est inattendu dans un roman, il me semble qu’il aurait fallu s’attacher davantage à l’architecture d’ensemble.

Voici en tout cas ce que j’ai écrit pour le forum :

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Les éditions Retrouvées proposent des titres connus, qui ont eu un certain succès, dans une nouvelle édition grand format. Le partenariat entre cette maison et le forum Au cœur de l’imaginarium comprenait ainsi un roman que j’ai lu lorsque j’étais au collège, Chiens perdus sans collier ou encore un roman d’Olivier Adam (auteur dont j’ai lu trois livres et que j’ai eu le plaisir de voir il y a deux ans je crois dans la bibliothèque de ma petite ville). Autre livre proposé par les éditions Retrouvées : Le bal des célibataires. Un titre qui m’a interpellé, de même que l’illustration de couverture, une danse paysanne. Un roman du terroir, avec un aspect sentimental sans doute. Pourquoi pas en essayer la lecture ?

Je ne connais pas L’Orange de Noël dont il est fait mention dans l’avant-propos. Et donc pas le personnage de Cécile que nous retrouvons dans ce Bal des célibataires. Il n’est cependant pas indispensable d’avoir lu l’un pour lire l’autre.

Cécile est l’institutrice du village. Elle n’est pas le sujet principal de cette histoire, mais un des personnages. Le thème central est la renaissance d’un petit village de Corrèze dans l’immédiat après-guerre. Le village a payé un lourd tribut à la grande guerre, les hommes sont morts ou portés disparus. Les femmes sont veuves, doivent élever seules des enfants, tenir leur exploitation. Une situation difficile. Une des femmes, dès le début du récit, tente de se suicider alors qu’elle est prête à accoucher une nouvelle fois…

Malvina, sœur de Pierre (le mari de Cécile), est la narratrice. Elle vit épisodiquement au village, dans la maison de Cécile. Son regard place donc une certaine distance avec les faits.

Nous suivons à travers le roman quelques familles, quelques personnages clés. Des femmes du village (Emma qui dirige l’école catholique, autrefois ennemie de Cécile qui s’occupe de l’école laïque, devenue depuis son amie, La Jacotte, Cécile bien sûr,…), des jeunes filles (Angélique, qui doit « se fiancer avec le Christ » selon l’expression qu’elle utilise, Flavie, sœur de Malvina, couturière sans grande ambition malgré son talent,…), le maire, le curé (le nouveau, mais aussi l’ancien, revenu au village longtemps après la fin de la guerre). Il y a aussi Sylvaine, qui, venant à pied de Lorraine, arrive un soir devant la maison de Cécile et ne quitte plus le village. Elle a hébergé et aimé Pierre… Jalousies, rivalités, mais aussi amitié entre ces deux femmes. Pour le souvenir de Pierre, et pour l’ingénieur chargé de relier enfin le village au réseau électrique.

La renaissance du village passe par plusieurs initiatives. L’école du soir pour les femmes, afin que celles-ci apprennent à lire. Sur l’impulsion de Sylvaine, des cours d’éducation sexuelle ont même été proposés… Sylvaine, à la fin du roman, imagine la création d’une guinguette. Mais l’initiative qui change radicalement le cours des événements, c’est la tenu du bal des célibataires. Des couples se forment, plusieurs hommes travaillent la terre ou reprennent une activité artisanale.

L’opposition systématique de croyants fanatiques, menés par le curé et par la mère d’Angélique, peut faire sourire. Ainsi, que d’oppositions à la pratique d’une danse comme le tango ! Que d’oppositions à la tenue de ce bal !

La formation de couples ne se déroule cependant pas sans heurts. La postière tombe ainsi sur un homme mal intentionné… Un homme, cru mort, revient prendre ses droits dans sa maison et dans le lit d’une femme qui a donné son cœur à un autre…

Le Bal des célibataires est un roman plein de fraîcheur, agréable et facile à lire. D’un point de vue technique : on peut souligner pour les personnes qui ont une mauvaise vue qu’il s’agit d’assez gros caractères. C’est le type de romans que lisait ma grand-mère, le type de romans que je lui offrais et que je lisais aussi, quand elles les avait finis. Le Bal des célibataires a ainsi pour moi un parfum de nostalgie.