Compte rendu de lecture écrit pour le forum Au coeur de l’imaginarium. Merci à ce forum de lecture et à la maison d’édition House made of dawn pour cette lecture ! Un eBook que j’ai beaucoup aimé.

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nina-blancaElle serait envoyée par la Santa Muerte, elle décime les rangs des cartels et on l’appelle la niña blanca… La Niña blanca est une novella de Christophe Semont, auteur de plusieurs textes aux éd. House made of dawn, ainsi que dans des collectifs d’autres éditeurs.

En quelques chapitres, on assiste à un règlement de compte, à plusieurs assassinats d’hommes de différents cartels ennemis : qu’il s’agisse de chefs, d’un policier corrompu ou d’un prêtre, le sort que leur réserve la niña blanca est toujours fatal. Le lecteur assiste à ces mises à mort sans connaître leur motif, jusqu’au dernier chapitre où l’exécutrice raconte son passé et les raisons de ces meurtres.

L’écriture est vive, précise. Il n’y a pas de mots de trop, c’est concis et cela va droit au but. Le texte est particulièrement efficace, tout autant que les méthodes de la meurtrière. On s’attend que chaque chapitre termine par une mort, tant la niña blanca semble impitoyable. Mieux, on l’espère, car chaque personnage qui meurt est présenté comme vil, cruel, par la description de ses actes (dans le cadre de la narration ou par les dialogues échangés entre des tiers) ou par les propos qu’ils tiennent eux-mêmes : différents procédés narratifs sont donc mis en œuvre pour que la sympathie du lecteur s’oriente vers l’envoyée de la mort.

Dans deux chapitres, la niña est déjà sur les lieux du crime, dans deux autres, elle joue un rôle pour réussir à approcher ses victimes. Si approcher un prêtre est assez simple, le stratagème mis en place pour approcher un chef entouré de ses gardes du corps est plus élaboré. Les chapitres, qui se terminent tous par une mise à mort, commencent, soit par le récit de cette approche, soit par une scène différente, qui met aux prises différents protagonistes : assassinat de traîtres, conversation au poste de police.

L’illustration de couverture est reprise en petite taille, avec quelques modifications, à chaque chapitre. La représentation de la mort est aussi un élément du récit : sur le mur de la pièce où le premier cadavre est découvert la faucheuse a été dessinée, avec le sang de la victime. Les hommes des cartels se représentent mentalement la meurtrière comme une personnification de la mort. La mort personnifiée est un sujet de conversation qui revient de manière récurrente, tant les hommes sont superstitieux.

J’étais curieuse de lire un eBook des éditions House made of dawn (qui publient des textes de fantasy, des thrillers, de la science-fiction, etc.). La collection Courts lettrages qui propose des textes courts, des novellas dans la veine fantastique, me semble dynamique et très prometteuse. Avec La Niña blanca, j’ai aussi la preuve que les textes peuvent être très plaisants.