redempteur1Compte rendu de lecture rédigé pour le forum Au cœur de l’imaginarium

Le tome 1 s’intitule plus exactement Une lueur dans les ténèbres.

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Après avoir lu le tome 0 de la série Le Rédempteur écrite par Sébastien Tissandier, j’étais dubitative. Le personnage du père Martin, autrement dit, « le rédempteur », chargé par le Saint-Siège de résoudre des problèmes d’ordre surnaturel, me plaisait, mais j’avais trouvé le texte assez sommaire, avec des personnages de « méchants » sans surprise (on connaissait même leur identité dès le début, cela gâchait le récit). J’avais alors pensé que je tenterais sans doute, tout de même, le tome 1. L’occasion de recevoir ce livre s’est présentée grâce aux forum Au cœur de l’imaginarium, avec le partenariat proposé par la maison d’édition Boz’dodor.

Ce tome 1 m’a semblé bien meilleur que le tome 0. Tout d’abord, le personnage qui fomente des plans diaboliques est inconnu. On voit à peine à quoi il ressemble, son nom n’apparaît pas. Le personnage du Rédempteur se complexifie un peu : il évoque à mi-mot un passé que l’on aimerait connaître. Il cesse d’opérer seul : une jeune femme, une « éclaireuse » l’accompagne dans cette mission et sera présente par la suite. Le duo est intéressant. La jeune femme a elle aussi un passé mystérieux que nous aurons plaisir sans doute à découvrir dans d’autres épisodes. Les liens tissés entre ces deux êtres sont immédiats, les ressemblances sont frappantes (le rictus notamment), la surprise que chacun provoque chez l’autre, les répliques prononcées par l’un que l’autre reprend à son compte.

On pourrait lire Le Rédempteur tome 1 sans avoir lu le tome 0 car plusieurs réminiscences interviennent, et le père Martin résume à l’éclaireuse la teneur de la mission qui s’est déroulée un an plus tôt. On est cependant moins surpris par les étranges pouvoirs du crucifix que cache le père Martin lorsqu’on l’a déjà vu à l’œuvre…

Le texte insiste beaucoup sur les mécanismes, train, montre, chaudière… De manière cependant plus légère que dans le tome 0.

J’ai aimé la part prise par les descriptions, le fait que le récit leur fasse une place relativement importante. Les dialogues sont nombreux et bien menés.

L’histoire utilise à plusieurs reprises l’image de l’opacité et de la pleine lumière, d’une manière figurée (la fin est opaque par exemple : on ne sait pas qui est derrière cette machination ni la teneur de ses plans), ainsi qu’au sens propre : écran de fumée, vitre teintée pour éviter qu’on ne voie, noir souterrain. Le Rédempteur est là pour faire la lumière sur une terrible affaire, et il éclaire les scènes sombres grâce à un objet qu’il lance dans l’obscurité. Le mot même d’éclaireuse prend tout son sens dans cette dualité obscurité/lumière.

On peut regretter l’absence véritablement d’enquête. Le Rédempteur interroge des témoins puis se rend sur la scène de crime. Alors qu’il connaît quelques membres de ce qui semble une puissante organisation (l’infirmière, un soldat), aucune enquête n’est conduite pour essayer de comprendre comment ceux-ci ont été recrutés, s’ils ont des liens entre eux,… Après la fin du phénomène pour lequel il a été appelé à intervenir, il quitte les lieux. Il sait pourtant que ce n’est qu’un début et néglige des pistes, même infimes, et cela surprend. Mais peut-être le tome 2 reviendra-t-il sur ces lacunes ? Des recoupements devront être faits, puisque les deux affaires, celle du tome 0 et celle du tome 1 sont liées…

Pour conclure : un texte assez plaisant, plus intéressant que le tome 0, qui laisse présager d’autres tomes plus complexes, au niveau de l’intrigue, mais aussi au niveau de la psychologie des personnages.