combat-suskindUn autre livre acheté dans un entrepôt d’Emmaüs, au prix de 1 euro. Un livre assez plat, élégant, publié chez Fayard en 1996.

Un Combat et autres récits comprend les textes suivants : L’exigence de profondeur, Un combat, Le testament de Maître Mussard et Amnésie littéraire.

Les textes ont pour point commun (mis à part Amnésie littéraire un peu différent) d’illustrer le moment où vient le doute, où un personnage bascule. Vers la folie, le désespoir, l’échec.

Une femme peintre retient parmi des myriades de compliments l’ombre d’une critique : « le manque de profondeur », en fait une fixation à tel point qu’elle ne peut se défaire de cette pensée et sombre dans le néant.

Un homme sait qu’il perd lors d’une partie d’échecs avant même d’avoir perdu et même sans perdre réellement, parce que tout tient dans le génie de l’audace qu’il n’a pas, quand bien même ce génie n’existerait pas réellement, quand bien même l’adversaire ne serait qu’un imbécile débutant, il a perdu parce qu’il a un jeu terne, efficace, mais sans le moindre éclat et que personne ne le soutient, que tous veulent sa perte.

Maître Mussard, ami des Lumières, philosophe, fait une effroyable découverte et entreprend de la raconter sur son lit de mort, alors que son corps se raidit, calcifié comme un coquillage…

Mon texte préféré, c’était le premier, L’exigence de la profondeur qui raconte une lente déchéance à cause d’une simple remarque, d’une futilité, notamment parce que le critique termine l’éloge funèbre de l’artiste en une pirouette : il prouve que cette déchéance même était en germe dans les œuvres créées lors de l’apogée de l’artiste.

Un Combat et autres récits, Patrick Süskind, éd. Fayard