Constance-et-séductionJ’ai visionné tant et tant de fois l’œuvre de Jane Austen adaptée par la BBC… J’ai lu aussi quelques romans, pas tous cependant, et je n’arrive pas à me souvenir si j’ai lu Raison et sentiments. Jess Swann, attachée de presse des éditions Artalys, m’a proposé de découvrir son dernier roman, publié chez ce même éditeur, il y a déjà quelques semaines. Je connaissais pas encore sa plume. Et comme son roman était une adaptation contemporaine de Raison et sentiments, j’étais très heureuse de pouvoir la découvrir.

J’ai plusieurs fois été tentée de lire des romans écrits autour de l’univers de Jane Austen, des suites d’Orgueils et préjugés, par exemple, mais j’ai toujours eu peur d’être déçue par la prose des nouveaux auteurs. Il y a chez Jane Austen un ton caustique, de l’humour, et un art de l’écriture du discours rapporté que les œuvres contemporaines risqueraient à mon sens beaucoup dans la comparaison. Récemment, j’ai profité d’une opération lancée par les éditions Milady pour télécharger gratuitement Mon Cher Darcy d’Amanda Grange. Il s’agissait d’une version épistolaire d’Orgueil et préjugés. J’ai lu deux ou trois lettres… Que de longueurs où l’original n’était que concision et clarté ! J’ai jugé ce roman absolument inintéressant et je n’ai pas eu le courage de poursuivre la lecture. Autant dire que je ne me laisse pas bercer la première adaptation venue. Or, j’ai lu avec plaisir Constance & séduction de Jess Swann.

Ce qui fait le charme de ce roman, c’est sa transposition, les astuces de l’auteur pour tenir le cadre narratif en tenant compte de toutes les données contemporaines (usage du téléphone, e-mails… mais aussi règles concernant la succession, etc.). La station thermale de Bath est aisément remplacée par la station de ski de Courchevel, par exemple, et les fêtes sont données à l’occasion du réveillon de Noël ou de la nouvelle année. On peut regretter que la sphère des entrepreneurs multinationaux soit si représentée et que tel un deus ex machina, un poste de directeur de clinique soit offert aussi facilement à Adam. Le cynisme est surtout le fait d’un personnage, Mike ; on regretterait presque qu’il n’ait pas une place plus importante dans le récit. Le demi-frère des deux héroïnes est particulièrement pingre, mais cela est peut-être souligné un peu trop souvent. Pour ce qui est du reste, on se laisse transporter par l’histoire. Et même si celle-ci est connue, on s’étonne des audaces de l’auteure, de son inventivité : Adam et ses expéditions humanitaires, le fait qu’un bébé est attendu (au lieu d’un simple engagement, de fiançailles secrètes dans l’œuvre originale), les circonstances de la mort du premier amour de James,… Je pense que Constance & séduction est réussi parce qu’il nous offre un roman différent de l’original, ce n’est pas une pâle copie, c’est une œuvre à part entière.

Pour finir, une petite note humoristique que j’ai surlignée sur ma liseuse et que je recopie ici :

« Moi qui pensais que ce genre d’homme ne pouvait se trouver que dans les livres de Jane Austen, je suis heureuse de voir qu’il en existe encore. » p. 169/292

Constance & séduction, Jess Swann, éd. Artalys, disponible en version papier et en version numérique (19,80€ ou 5,99€).