(Texte écrit il y a quelques jours pour le forum Au cœur de l’imaginarium)

AMEJe n’avais encore jamais eu l’occasion de lire de livres venant des éd. Lune écarlate.

[Note : en réalité, j’en avais déjà lu un, Par-delà le comté d’Arkham, mais au moment de la rédaction de cet avis,  je ne m’en étais pas souvenue.]

Deux titres proposés sur le forum Au cœur de l’imaginarium m’ont semblé intéressants. Je me suis donc inscrite pour ces deux eBooks. Le premier, issu de ce partenariat entre la maison d’édition et le forum, que j’ai lu est un roman écrit à quatre mains : A.M.E. de Tiffany Schneuwly et Suzanne Vanweddingen.
Pourquoi ce choix ? Le fait que l’intrigue tourne autour d’un livre m’a séduite.

Le conservateur de la bibliothèque des transports, à Londres, est un bibliophile avide de nouvelles découvertes. On met sur son chemin la connaissance de l’existence d’un grimoire recherché depuis des années, introuvable jusqu’alors. Et… c’est le drame.

Entre Londres et Berlin, l’intrigue tourne autour de la possession de ce grimoire par l’un ou l’autre des protagonistes et de leur volonté de sauvegarder le précieux livre (qui a des pouvoirs surnaturels), de l’ajouter à une collection ou tout au contraire de le détruire.

Ces personnages sont influencés par deux entités surnaturelles, en plus du grimoire lui-même : une passeuse d’âme, attachée au conservateur – et amoureuse de lui ainsi qu’un ange noir, qui au début du roman est facétieux, se moque des humains, leur fait commettre des maladresses grâce à son influence et qui progressivement acquiert des responsabilités, une conscience morale. Le personnage de la passeuse d’âme au contraire se laisse aveugler par son amour et ne perçoit pas l’esprit maléfique du conservateur qui, de bonhomme avec une marotte, devient sous les yeux du lecteur un manipulateur aguerri. L’évolution des personnages est un élément important du récit. Ou plutôt la découverte de leur véritable nature.

Au-dessus de la mêlée, un personnage dirige le conservateur et son assistante : c’est le comte, personnage machiavélique dont on ne sait pas grand-chose. Son ombre plane sur les actions de ces deux personnages, jusqu’à son apparition finale qui montre au grand jour sa volonté de pouvoir et sa cruauté. Cette scène finale me semble bien trouvée, elle conclut habilement le roman.

Je regrette quelques petites incohérences ou manques d’explication, comme le fait que les personnes employées pour tuer le conservateur et voler le grimoire, à Berlin, trouvent un coffre dans la chambre, mais ne cherchent pas à l’ouvrir, alors que le grimoire s’y trouve ou encore le fait que la passeuse d’âme se contredise lorsqu’elle évoque la mort du conservateur… Je regrette aussi quelques longueurs, des conversations qui ne mènent pas à grand-chose entre la passeuse d’âme et l’ange noir, qui auraient pu être évitées pour densifier l’action. On a parfois l’impression pendant quelques paragraphes ici ou là qu’il ne se passe rien, que des allées et venues inutiles.
Le roman est cependant assez agréable à lire dans son ensemble, notamment parce qu’il réserve quelques surprises.