Depuis quelques années, j’ai entendu parler (en bien) de Millénium de Stieg Larsson. J’ai fini par m’offrir les trois tomes en format de poche. J’ai dévoré le premier tome, qui était captivant, puis par manque de temps, ai lu lentement le deuxième tome. J’en arrive à présent à deux cents et quelques pages du troisième tome.
Le premier tome m’a plu, le deuxième a commencé à m’agacer et je voulais le voir fini au plus vite pour comprendre ce qui s’est passé (parce que l’histoire est très embrouillée : on ne peut s’empêcher de vouloir comprendre) sans trouver le texte stylistiquement bon, le troisième tire en longueur. Alors bien sûr, c’est un roman lu par des millions de personnes, adoré par beaucoup. Cela n’empêche pas le livre de présenter ce que je considère comme des défauts. Des petites erreurs de vocabulaire (utiliser le mot « alternative » dans des expressions comme « plusieurs alternatives » par exemple) ou, plus grave, piétiner, répéter des informations déjà connues.
Le point de vue adopté varie constamment, cela pourrait bien sûr expliquer les redites, puisque chaque personnage a accès à certaines informations, pas à d’autres, les informations sont donc énumérées lors d’une découverte alors même que le lecteur connaît parfois déjà ces informations. Mais pas seulement. Et ces répétitions deviennent lourdes. Un exemple dans le tome 3, p. 203 :
– Et maintenant, c’est à nous de te tirer des flammes encore une fois.
L’expression ne fut pas entièrement du goût de Zalachenko, ancien grand brûlé.
Le fait que Zalachenko a été brûlé a déjà été raconté plusieurs fois auparavant. Le lecteur devait donc comprendre pourquoi l’expression était malvenue pour Zalachenko. Mais non, on mâche le travail au lecteur. Pire, en tant que lectrice, j’ai souvent l’impression d’être prise pour une idiote quand un texte rabâche certaines données, comme si j’avais une mémoire de poisson rouge.  J’en viens à hésiter entre l’abandon du troisième tome ou la lecture complète, parce que l’histoire est toujours bien entendu aussi prenante (je comprends le succès remporté par ces romans).