J’ai reçu cet eBook via le forum Au coeur de l’imaginarium et j’étais très en retard pour sa chronique. J’avais commencé la lecture il y a longtemps, ai été interrompue et n’ai repris le livre qu’hier pour le boucler. Certains textes m’ont plu, mais ils sont minoritaires, le reste m’a plutôt ennuyée. Je n’ai pas vraiment de reproches à faire au recueil, mis à part un petite manque d’originalité pour plusieurs textes, une trame narrative trop ténue. C’est sans doute moi qui ne suis pas la lectrice adéquate. Mon compte rendu de lecture vient de paraître sur le forum, ICI. Je le copie ci-dessous. Ce sera ma dernière lecture pour le forum avant longtemps, je préfère ne pas prendre d’engagement en ce moment, vu le peu de temps dont je dispose pour lire.

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monstres_vapeurMonstres à toute vapeur est un recueil de huit nouvelles publié par les éditions Lune écarlate : Un chasseur sachant chasser de Doris Facciolo, Héloïse, à son avantage de Béatrice Ruffié Lacas, La Dame aux Hiboux de Xian Moriarty, La dernière chasse d’Alceste Petibon de Philippe Winkler, Là, où nul ne va d’Eric Colson, Le grincement de la malbête de Marie Angel, Légendes brisées de Catherie Loiseau et Trois Balles, au Commandement d’Igor Kovaltchouk.

Ce recueil regroupe des nouvelles dans le genre du « steampunk » qui mettent toutes en scène une bête issue de légendes régionales dont il est à chaque fois dit quelques mots à la fin du récit. La bête du Gévaudan pour la plus connue et bien d’autres dont on peut découvrir le nom comme le ganipote, le dûphon,…

Qui dit bête dit souvent traque. Dans La Dame aux Hiboux, on épouse le point de vue de cette bête chassée, tandis que dans Un chasseur sachant chasser et dans La dernière chasse d’Alceste Petibon, on assiste aux côtés du chasseur à une traque burlesque et pleine de rebondissements dans le cas de La dernière chasse d’Alceste Petibon. Dans Le grincement de la malbête, on suit un meneur de loups, chassés pour leur prix, confronté à un officier venu chasser la malbête. Les créatures surnaturelles sont des proies ou au contraire envahissent le territoire, comme dans Trois Balles, au Commandement. Elles peuvent aussi vivre à l’écart et rarement croiser les humains.

Qui dit bête dit souvent aussi métamorphose : métamorphose imposée à un être humain tout d’abord, telle est la chute de la nouvelle Héloïse, à son avantage, vie donnée à un automate dans Légendes brisées ou essence même de la créature poursuivie dans La Dame aux Hiboux. Dans Héloïse, à son avantage, cette métamorphose est inattendue. On se laisse bercer par l’atmosphère raffinée, les mondanités, le flirt entre le professeur d’architecture et la jeune Héloïse qui découvre Paris. On se croirait dans une nouvelle sentimentale, d’où la surprise lorsque se révèle la fin. Cette nouvelle est d’ailleurs ma préférée, car elle utilise les codes de l’écrit sentimental pour ensuite les casser et rejoindre ainsi la thématique du recueil.

Le mythe du savant ou de l’artiste fou est utilisé dans la nouvelle Là, où nul ne va, mais aussi dans Héloïse à son avantage. L’œuvre scientifique cause la perte de son concepteur, ou alors l’homme parachève son œuvre, quelles qu’en soient les conséquences. Dans Là, où nul ne va, cette histoire de retour mental vers un lointain passé se double d’une approche historique, avec des conceptions politiques opposées qui donnent du relief à l’ensemble.

Puisque les différentes nouvelles mettent en scène des légendes régionales, on s’attend à croiser toutes sortes de croyances venant des campagnes. C’est le cas notamment dans Le Grincement de la malbête : corbeau qui amène le mauvais œil ou encore « regard mauvais, un de ceux dont on prétend qu’il peut faire tourner le lait dans le pis d’une vache » (p. 86/121). Il n’en demeure pas moins que certains textes se déroulent en ville, en plein Paris comme Légendes brisées (bien que la ville s’efface vite, elle n’est que citée, seule l’échoppe de l’artisan a d’importance) ou Trois Balles, au Commandement par exemple – et dans cette nouvelle se mêlent personnages historiques et personnages de fiction comme le journaliste Rouletabille. Dans Héloïse, à son avantage, Paris relève d’une grande importance, puisque les personnages visitent la ville et que les éléments architecturaux sont au cœur de l’histoire.

Qui dit steampunk dit machineries. Compagnon à quatre pattes du chasseur dans Un chasseur sachant chasser, fusil sophistiqué, machine à remonter le temps, automates créées par un artisan, loups automates dans Le Grincement de la malbête, la machine peut aussi bien être un auxiliaire que ce qui doit être affronté.

L’ensemble du recueil ne m’a pas semblé déplaisant, mais je n’ai pas été particulièrement enthousiaste non plus à sa lecture. J’ai eu quelques difficultés pour me repérer dans les premières pages de La Dame aux Hiboux, parce que l’introduction m’a semblé assez confuse. Une préférence marquée pour Héloïse, à son avantage, déjà cité, et à la nouvelle Là, où nul ne va. Les textes qui finalement ne mettent pas en place de créature surnaturelle ni de traque mais proposent une vision plus originale du thème.