J’ai laissé passer le mois de septembre sans m’en rendre compte. Il faut dire que la fin du mois d’août et le début de septembre ont été mouvementés. A présent, tout est rentré dans l’ordre, ou presque, puisque nous sommes encore encerclés par les cartons, devons prévoir des travaux dans notre appartement et dans notre future maison et trouver un nouvel orthophoniste pour notre fils cadet. Le stress de l’été est  retombé, la fatigue s’est fait sentir après cela, mais à présent le rythme de cette nouvelle année scolaire est pris et tout est en place.

J’ai repris depuis quelques jours le gribouillage de dessins (mal exécutés – mais je m’améliorerai sans doute, il faut du temps…) et j’ai commencé à apprendre l’art du pliage de papier. C’est fascinant, mais là encore, je suis très mauvaise. Je viens aussi de réactualiser ma carte de bibliothèque, ce qui va me permettre de sortir du carcan de la littérature érotique pendant quelque temps. Les périodes de lassitude concernant la littérature érotique sont résurgentes. Elles touchent à présent même le fait d’écrire. J’ai passé une année assez riche en écriture et publications, un break semble nécessaire. Il y a aussi, je dois l’avouer, une forme de dégoût qui se loge en moi lorsque je vois s’afficher des couvertures de livres aux titres uniformisés dans le genre « promets-moi », « te succomber », etc. Ces mêmes couvertures avec une femme de trois-quarts dos ou un buste d’homme en costume (à moins qu’il ne soit torse nu) Si c’est cela, la littérature érotique, pour les lecteurs (ou plutôt lectrices) contemporaines, alors j’aime autant m’en démarquer radicalement, tout cesser.

J’ai l’air morose ? Je ne le suis pas. Je suis absolument enthousiasmée à l’idée d’habiter dans une ancienne ferme où se trouvent encore des auges, où la cour est fermée – hermétique au monde extérieur ai-je envie de dire, où l’on voit, quand on se tient sur le balcon, une marquise sculptée, bref une vieille bâtisse du XVIIIe, labyrinthique, de façade austère mais si follement intérieurement agencée. Il n’y a pas de sonnette et je me demande s’il est nécessaire d’en avoir une. La vie du dehors s’arrête quand on franchit le portail. Seul souci (mis à part l’installation électrique désuète – et dangereuse – dirait monsieur) : les plafonds sont bas, impossible de conserver certains meubles et j’ignore encore comment caser mes bibliothèques et tous mes livres. La création d’une bibliothèque (je parle de la pièce et non des meubles) dans ce qui sert actuellement d’atelier ? L’utilisation d’une pièce du T2 accolé (actuellement indépendant, que nous allons rattacher à l’ensemble de la bâtisse en remettant en service un escalier condamné) ? A voir en janvier, quand nous serons enfin dans nos murs !