pere-lointain-skarmetaUn nouveau récit relatant une relation père-fils (après ma lecture d’Un Homme ordinaire d’Yves Simon), un autre auteur sud-américain après ma récente lecture du Puits d’Onetti. Un père lointain m’a beaucoup plu. Les meilleurs textes prennent parfois l’apparence de la plus grande simplicité.

Les chapitres, si on peut les nommes ainsi, sont brefs. Jacques enseigne dans un village, il aime l’histoire et la littérature, son emploi ne lui permet pas de subvenir à ses besoins d’autant que le tabac en fait partie. Il est donc également traducteur. Son père est français, il traduit donc des textes français, Queneau et sa Zazie dans le métro. Autour de lui, il y a sa mère, un élève plus âgé, les deux sœurs de celui-ci dont la plus jeune qui admire Jacques et puis le meunier, un ami du père. Le père est absent, il est en France, peut-être mort, son départ cache un secret. Un peu trop avinés, Jacques et le meunier décide de partir dans la petite ville voisine pour voir des prostituées. Il y a aussi un cadeau d’anniversaire à acheter. Le hasard (peut-être) fait que les secrets ne peuvent rester cachés. Et puis tout se sait, tout est lié dans un village. Il suffit parfois de faire quelques pas, d’engager une conversation, pour que se déchire le voile.

Un père lointain, Antonio Skarmeta, éd. Grasset