ainsi-revent-femmes-kressmann-taylorUne fois encore, je suis surprise de la mention « roman » en première de couverture d’un livres des éditions Autrement, alors qu’il s’agit de nouvelles. Et encore une fois, de nouvelles éparses écrites entre 1935 et 1963, de nouvelles dont le titre traduit est fort différent du titre original.

J’ai lu il y a plusieurs années Inconnu à cette adresse, le titre le plus connu de Kressmann Taylor. En regardant les rayonnages de la bibliothèque, j’ai remarqué plusieurs titres de Kressmann Taylor, ce fameux Inconnu, Ainsi mentent les hommes et celui que j’ai pris, Ainsi rêvent les femmes. Les hommes mentent, les femmes rêvent… Soit.

Le premier titre du recueil, Harriett (Passing Bell), est le récit d’un rêve suivi du réveil. Disons plutôt d’un cauchemar. Des flammes, des gens assemblés indifférents, la cruauté, la jalousie. Une nouvelle assez étrange.

Anna (First Love) pourrait encore se rapporter au rêve : Anna rencontre un jeune homme arrogant, tombe amoureuse et se trouve abandonnée un instant plus tard. Rien ne s’est dit ou presque, tout est passé par le regard.

Madame (Take a Carriage, Madam) est la nouvelle que j’ai préférée. Une vieille femme évoque son passé de couturière, ses créations qui plaisaient tant. Une jeune fille subit ses bavardages et feint d’admirer des robes d’un autre temps, un chapeau affreux ou des habits de poupées. Jusqu’où aller, par pitié ?

Ellie Pearl (Girl in a Blue Rayon Dress) est une jeune femme employée à la ville qui retrouve sa famille en montagne. Elle n’est pas revenue depuis un an. Tout est pareil et pourtant tout diffère. Elle n’est pas heureuse alors qu’elle a choisi cette vie.

Rupe Gittle, qui donne son nom à la nouvelle en français (Goat Song en version originale) essaie de comprendre en marchant en forêt le sens des choses. Un texte étrange là aussi.

Ainsi rêvent les femmes, Kressmann Taylor, éd. Autrement, coll. Littératures, traduit de l’anglais (américain) par Laurent Bury