roseau-revolte-berberovaUn homme et une femme avant la guerre, la séparation. Elle est russe, elle reste à Paris, il est suédois et part. Après la séparation,  il y a l’attente, la vie dans l’appartement de son oncle, un scientifique de génie qui n’est plus que l’ombre de lui-même, surnommé affectueusement « le dix-neuvième siècle ». Et puis, la succession, le voyage en Suède et la rencontre inévitable avec celui qui a occupé toutes ses pensées, son « mardi » (à savoir leur sabbat à eux, ce jour particulier, le no mens land – ce temps de solitude, de repli sur soi – qui s’étend sur les autres moments de la vie au point de la recouvrir toute entière).Un très beau passage sur ce temps pour soi, cette nécessaire liberté (p. 33) et une conclusion que j’ai aimée particulièrement :

« Venise a la qualité de disparaître en un instant, de ne pas courir derrière le train avec des clins d’oeil à gauche et à droite comme le font d’autres villes, mais de sombrer aussitôt, comme si elle n’existait pas, n’avait jamais existé. »

Le roseau révolté, Nina Berberova, éd. Actes sud, roman traduit du russe par Luba Jurgenson