Attends-moi-XenakisDe Françoise Xenakis, j’ai lu Zut ! On a encore oublié Mme Freud, trouvé pour 0,50€ à Emmaüs. Attends-moi, je l’ai emprunté à la bibliothèque. Je n’avais pas lu la 4e de couverture, j’ai découvert au fil de ma lecture qu’il s’agissait de l’histoire d’une femme qui a tué son mari, « par amour » disait-elle au début, et l’histoire de son procès sur quatre jours. Elle veut être condamnée, mais qui peut la condamner alors qu’il était tout pour lui, la vie n’était remplie que de lui, et qu’en le tuant elle s’est déjà condamnée ? L’histoire de ce couple, Claude et Jeanne, fait ressurgir chez tous les protagonistes des attentes, des envies, des doutes, des questions. La présidente du tribunal, l’avocat commis d’office, la journaliste qui est la maîtresse de l’avocat, toutes et tous laissent libre court à leurs propres pensées en assistant à ce procès. Aimer, posséder, vieillir, travailler, tous ces verbes, quel sens ont-ils ? Pour quelle raison Jeanne a-t-elle tué Claude ? S’est-elle menti ?

« L’amour intensif infligé à l’autre est intolérable… et c’est aujourd’hui, seulement aujourd’hui que je le sais. » (pp. 194-195)

C’est un très beau roman, emprunt de douleurs, composés d’introspections, de souvenirs et de bribes du journal intime de l’accusée. On y lit l’acharnement comme la compassion, on y vit la solitude et l’abandon de Jeanne. Une sorte de pot-pourri d’émotions d’où ressort l’image douce d’un couple âgé qui assiste avec bienveillance au procès, celui que Jeanne aurait pu former avec son mari, peut-être.

Attends-moi, Françoise Xenakis, éd. Grasset