Robert-noms-propres-NothombAprès la lecture du Sabotage amoureux, j’ai décidé de poursuivre ma découverte des livres d’Amélie Nothomb. J’ai donc emprunté hier Robert des noms propres et l’ai lu rapidement (car il se lit réellement vite) aujourd’hui. Après Le Sabotage amoureux, je m’étais fait une certaine idée du style de l’auteure. Avec Robert des noms propres, je dois reprendre toutes mes suppositions, toutes mes déductions du premier livre, et les abandonner. Robert des noms propres est réellement très différent, et dans sa construction, et dans la façon même d’écrire, dans la construction des paragraphes, dans la construction des phrases, dans le vocabulaire choisi…

Je suis déconcertée. Non que Robert des noms propres soit mauvais, c’est tout le contraire : le roman est très plaisant à lire, mais il est si loin de la complexité (relative cependant) du Sabotage amoureux ! Vous savez, ce terme que l’on trouve appliqué à tous les textes que l’on lit, par toutes les chroniques que l’on voit, « fluide » ? Eh bien voilà, Robert des noms propres est (étrangement) fluide. Lisse. La lecture coule de source, on avance sans peine, sans accroc. Une parfaite lecture reposante (même s’il n’y a pas que de bons sentiments, heureusement).

Je vais quand même dire deux mots de l’histoire en elle-même, bien que vous trouviez ça un peu partout : il s’agit de la vie – que dis-je, du destin ! exceptionnel de Plectrude qui frôle la mort et renaît à la vie.

Enfin, si ! Désolée pour cette « chronique » décousue… Je reviens sur un point. Il y a une ressemblance manifeste entre les deux romans que j’ai lus d’Amélie Nothomb : l’ensevelissement dans la neige. C’est une image forte, celle d’une enfant ensevelie qui meurt de froid et que l’on réchauffe, que l’on réveille. Dans Le Sabotage amoureux, il s’agissait pour la narratrice de sauver l’être adoré, de la réchauffer de son désir. Dans Robert des noms propres, Plectrude expérimente la mort et se voit sauvée (à la dernière minute) par son amie. Cette expérience la rend extatique. Je suis à présent d’ailleurs curieuse de voir si ce motif se présente à nouveau dans d’autres romans de l’auteure.

Robert des noms propres, Amélie Nothomb, éd. Albin Michel