Les-quatre-vérités-David-LodgeIl y a une dizaine d’années, j’avais lu et apprécié (le texte m’avait fait rire) La Chute du British Museum. Par la suite, j’avais lu Pensées secrètes du même auteur, David Lodge. Comme je suis tombée sur ce nom à la bibliothèque, j’ai pris un autre de ses livres. En l’occurrence, Les quatre vérités.

Les quatre vérités est l’adaptation romanesque d’une pièce de théâtre de l’auteur. Mais qui lit du théâtre ? Déjà que la pièce n’avait été que peu représentée… David Lodge explique donc en posface la genèse de ce texte qu’il qualifie de novella.

Le thème en est l’interview. L’interview qui n’a rien de gentil, celui où l’interviewer cherche à se faire remarquer, à éprouver son propre style, celui qui égratigne l’interviewé. Sam est célèbre, il écrit des scénarios à la chaîne, il sera blessé dans son orgueil. Son ami Adrian, ex-romancier, accepte de le venger en acceptant à son tour d’être interviewé : un piège sera alors tendue à l’intervieweuse, objet d’un futur article. Mais rien ne se passe comme prévu et un secret qu’Adrian cherchait à conserver est révélé par sa femme.

C’est caustique, assez représentatif de notre époque. Des thèmes comme l’amitié, la franchise et l’honnêteté, la confiance sont effleurés. La gloire, l’apparence, le fait de devoir donner le change, l’introspection.

Tout se déroule en huis-clos, dans la fermette d’Adrian et d’Eleonor. Unité de lieu, mais aussi de temps : trois semaines seulement se sont écoulées. Tout débute par la lecture des journaux du dimanche avec l’interview de Sam, tout se termine dans l’attente des journaux d’un autre dimanche avec l’interview d’Adrian. A la fin, un deus ex machina, le coup de théâtre qu’est la mort de Diana, qui agit comme une catharsis sur le peuple – et même sur l’intervieweuse.

Une chouette lecture, pas spécialement marquante, mais plaisante.

Les quatre vérités, David Lodge, éd. Payot/Rivages