analphabete-agota-kristofJe ne connaissais rien de la vie d’Agota Kristof et n’avais lu jusqu’à présent que son roman Le Grand Cahier. J’ai trouvé à la bibliothèque un très court livre de cette auteure, intitulé L’analphabète, récit autobiographique. Il s’agit de souvenirs d’enfance mais aussi de son arrivée en Suisse, en tant que réfugiée avec son mari et leur bébé, de la difficulté de vivre en étant déracinée, de son apprentissage du français, de l’écriture, jusqu’à la publication de son premier roman. (Avant cela, il y a eu le journal dans un langage secret à l’internat, les poèmes dans une revue hongroise, les poèmes composés à l’usine grâce à la monotonie du travail qui lui permettait de réfléchir, les pièces de théâtre jouées par des troupes d’amateurs, puis les pièces radiophoniques lues par des acteurs professionnels.)

La raison du titre ? Ce passage l’explicite… Agota Kristof est en Suisse, elle a appris à parler français mais la langue n’est pas phonétique comme le hongrois et elle ne sait ni lire ni écrire en français. Elle s’inscrit donc à des cours.

– Vous parlez très bien le français. Pourquoi êtes-vous dans un cours de débutants ?
Je lui dis :– Je ne sais ni lire ni écrire. Je suis une analphabète.

Les phrases sont courtes, l’écriture est mesurée, l’humour souvent présent.

L’analphabète, récit autobiographique, Agota Kristof, éd. Zoé