RosangellaCe visage en gros plan, sur la couverture, est celui de Rosangella. Son passé la rattrape lorsque sa manifeste son ex-mari, un homme violent qui exploitait sa plastique en la faisant poser pour des photographies dénudées et qui la frappait, pour un oui, pour un non, sans aucune raison : c’était devenu une habitude. Un de ses fils sort de prison. Un autre tient avec sa demi-sœur le manège qu’elle fait tourner, avec des paroles gaies mais un regard triste. Rosangella rencontre Jo, gardien de supermarché, un homme qui sait écouter. Un homme qui se souvient, lui aussi…

La BD est construite de la sorte : un prologue, une première partie intitulée Le manège, une deuxième partie intitulée La fête, et un épilogue. La lettre manuscrite qui clôt la BD fait écho au texte qui accompagne les souvenirs de Rosangella. La BD serait alors le récit de la fille de Rosangella, à qui cette lettre est destinée.

Des images très claires, des personnages qui semblent se découper sur un fond, on se focalise beaucoup sur les visages et leurs expressions. Beaucoup de récitatifs, notamment pour les souvenirs et les passages emprunts de violence. Le texte disparaît totalement dans les deux premières planches qui constituent le prologue, quand on assiste à cette scène de violence que l’on revoit, plus loin, lorsque Rosangella se rappelle les brimades et les coups.

C’est une BD assez éprouvante à cause du thème de la violence conjugale mais aussi des liens parents-enfants limés, mais elle est adoucie par la présence rassurante de Jo, jamais très loin, et même souvent plus proche qu’on ne l’imaginait, et par les moments de bonheur chèrement gagnés qui clôturent l’album.

Rosangella, Eric Cobeyran (scénario), Olivier Berlion (dessin et couleur), éd. Dargaud