le-chat-et-la-souris-grassJe n’avais encore jamais lu de texte de cet auteur (ou peut-être un extrait du Tambour, il y a déjà longtemps ?)

Le Chat et la souris est un portrait, celui de Mahlke, fait par un camarade de classe, Pilenz. L’histoire de Mahlke commence lorsque le narrateur place un chat sur la pomme d’Adam proéminente de Mahlke. Le chat prend celle-ci pour une souris. Et puis… il y a tout ce qui orne le cou de Mahlke et détourne l’attention de la pomme d’Adam : le tournevis, la Ste-Vierge, les pompons, les boutons phosphorescents, l’épingle, la cravate… Il y a aussi sa raie faite au milieu du crâne, tassée à l’eau sucrée. Sa dévotion, son idolâtrie pour la Vierge Marie. Le fait qu’il fait mieux que tous, mais sans s’en vanter. Il aurait pu être clown mais tout chez lui prenait un tel air de gravité…

Pilenz vit dans son sillage, admiratif, fasciné, mais aussi légèrement dégoûté : « j’étais toujours à la remorque de Mahlke ». Sans cesse il se placera sur son chemin, sans cesse il cherchera à le revoir. Mahlke le hante, au point de le faire écrire ce qu’il a été.

Un récit qui ne va nulle part, qui tourne autour d’un personnage sans réellement le saisir. Étrange fascination pour le « Grand Malhke » qu’en tant que lectrice j’ai fini par partager avec le narrateur. Ne pas savoir ce qu’est devenu Mahlke, c’est ce qui pouvait arriver de mieux à la fin du texte : la légende reste entière, faite de rumeurs, de on-dit, de souvenirs un peu flous.

Le Chat et la souris, Günter Grass, éd. Points