tableau-maître-flamandJ’ai pris ce livre (j’ai failli faire un lapsus, mes doigts allaient taper « ce tableau ») parce que j’étais intriguée par le tableau. Qu’une enquête policière commence par un tableau. Ce roman m’a fait immédiatement penser à 4-5-6 L’Or et la cerise de Jip que vous pourrez lire à partir du 20 avril. Je me suis demandé si ce roman en était une influence possible. Et puis des échecs, ce dallage noir et blanc sur le sol, un jeu d’échecs grandeur nature, comme dans le roman de Julie Derussy dont le titre m’échappe à l’instant où j’écris (mais si, vous savez de quoi je parle, celui publié aux éd. du 38, je l’ai lu, il y en a une trace sur ce blog). Le personnage de César m’a fait penser à un roman de Guillaume Perrotte, Femmes de pub. Élégance, sophistication, homosexualité. Vous trouverez vous-même le nom du personnage en question, je n’ai pas la mémoire des noms… La dame en noir, en arrière-plan, m’a fait aussi penser au texte de Clarissa Rivière à paraître en septembre je crois, avec le personnage de Guenièvre, conduite par Lancelot pour épouser Arthur. C’est sans doute aussi le personnage du chevalier (ou cavalier) qui m’y a fait penser. Roger d’Arras au front plissé a quelque chose de Lancelot, du moins dans l’imagination de Julia, personnage principal du roman dont je parle, car c’est bien de ce roman que je viens de terminer que je parle, malgré mes digressions vers des textes – souvent érotiques – qui ne sont parfois pas encore parus. Je joue peut-être en ce moment comme un joueur d’échecs qui calcule les coups, plusieurs à l’avance, comme le fait le personnage de Stefan Zweig dans ce texte bouleversant (j’en ai été bouleversée), comme le fait le joueur d’échecs de l’histoire, une sorte de Sherlock Holmes mal fagoté, Munoz (imaginez sur le n ce signe diacritique que l’on voit sur des mots espagnols et que je ne sais pas reproduire sur mon clavier), bien que de son côté, il s’agisse pour commencer de gestes à rebours (comment les personnages en sont-ils arrivés à la mort du cavalier ? Quel pièce l’a tué ?) avant de poursuivre le jeu, sur un autre plan que celui de l’échiquier du tableau. Plusieurs plans, voilà ce qui pourrait résumer le livre, et le point de vue que l’on adopte, où est-on dans ce tableau ? Le diable s’en mort la queue, les différents plans renvoient à d’autres qui renvoient à ceux de départ. Un peu comme cette intertextualité qui ne veut rien dire, parce que l’auteur n’a évidemment pas imaginé que tant d’années plus tard des textes feront écho à son roman – du moins dans ma tête. Le peintre flamand, Van Huys, ne pouvait non plus pas imaginer que sa partie d’échecs serait le prémisse d’une partie entre vie, amour et mort, cinq siècles plus tard. Et voici comment se termine une chronique qui n’en est pas une, mais qu’importe ? J’écris pour me souvenir à quel point j’ai aimé ce roman.

Le Tableau du Maître flamand, Arturo Perez-Reverte, éd. Le livre de poche (fiche du livre ICI, avec une couverture très différente qui ne m’aurait pas donné envie de lire si j’étais tombée sur celle-là.)