J’ai lu hier deux BD que je rapproche ici dans un seul billet de blog. Deux BD différentes qui abordent chacune à leur manière le thème de la mort. J’étais sûre en prenant ces BD à la bibliothèque que ce ne serait pas gai, mais avec la deuxième, c’est pire que je ne le pensais, j’ai pleuré à chaudes larmes.
je-suis-morte-BDTout d’abord, une BD de science fiction, Je suis morte (apprendre). Le titre est étrange. Les premières pages montrent la naissance d’une petite fille, une naissance qui suscite des interrogations de la part du lecteur : sa naissance est une mort, nous apprend-on. Nous ne connaissons le secret de cette fille que plus tard. Rien ne nous indique d’ailleurs dans les premières pages que nous nous trouvons dans une BD de science fiction. J’ai été surprise de le constater. Dans un monde pacifié, où les êtres humains ne connaissent plus la mort, quelques humains tels qu’ils existaient autrefois sont encore présents, en petit nombre. Ils évoluent différemment, peuvent être agressifs. Cette fille est l’un d’entre eux et se révolte à la fin de ce premier tome. Si cette BD est triste, c’est dans la relation affichée entre le père et la fille, à cause du rejet du père. Une BD que je n’ai appréciée que modérément.

Quelques-Jours-EnsembleLa relation père-enfant est aussi au cœur de la deuxième BD, Quelques jours ensemble. Il s’agit cette fois d’un one-shot. Un homme insouciant, égocentriste, immature, un salaud, découvre qu’il a un fils quand une ancienne conquête le contacte. Elle doit se faire hospitaliser et n’a personne pour garder son fils de treize ans. Il refuse de se charger de lui, mais y est finalement contraint. Ils passent tous deux quelques jours ensemble, comme le titre l’indique, pendant lesquels ils commencent à s’apprivoiser l’un l’autre, malgré des moments difficiles, l’indifférence, le déni, la honte… Cet enfant a une maladie génétique, la progéria : il sait qu’il mourra bientôt. C’est une BD émouvante, poignante et profondément triste. Ce que j’apprécie : il n’y a pas de transformation naïve du caractère du « père », ce dernier est enfin capable d’un peu d’empathie mais pas davantage, il reste l’homme qu’il a été, cette BD n’a rien d’un conte de fée. Et j’aime beaucoup les dessins.

Je suis morte, tome 1 : apprendre, scénario de Jean-David Morvan, dessin et couleurs de Nicolas Nemiri, éd. Glénat, coll. La loge noire

Quelques jours ensemble, scénario d’Alcante, dessin et couleurs de Fanny Montgermont, éd. Dupuis, coll. Aire libre