Quand-nous-etions-orphelinsPremière fois que je lis un roman de Kazuo Ishiguro. Quand nous étions orphelins tient à la fois du roman policier et du roman historique. L’histoire se déroule en Angleterre et à Shangai. Christopher narre son installation à Londres, son désir de percer comme détective. Nous l’accompagnons dans ses premiers dans le monde, dans les réceptions où il croise Sarah, mais aussi au moment où sa notoriété prend de l’ampleur. De longs passages sont consacrés à une réminiscence de ses années d’enfance à Shangaï, dans la concession internationale, lorsqu’il jouait avec son meilleur ami et voisin, un Japonais prénommé Akira. C’est ainsi que progressivement nous découvrons que Christopher est arrivé en Angleterre après les disparitions successives de son père et de sa mère. A Shangai, la compagnie dans laquelle travaillait son père importait de l’opium. Or, sa mère menait des campagnes contre l’opium. Christopher ne comprenait pas alors les tenants et les aboutissants, mais a imaginé par la suite qu’il s’agissait de la clef qui expliquerait les enlèvements de ses parents. Puisqu’il est devenu un détective reconnu, sa principale tâche n’est-elle pas d’élucider enfin cette affaire et de retrouver ses parents ? Il se rend enfin à Shangaï, alors que la seconde guerre mondiale est sur le point d’éclater. Là, déjà, les combats font rage entre Chinois et Japonais, mais aussi entre Chinois eux-mêmes, entre les communistes et les partisans de Tchang Kai-Chek. Il retrouver là-bas Sarah, devenue l’épouse de Sir Cecil, vieillissant, incapable d’un coup d’éclat dans ces relations internationales compliquées. Cette enquête sur le passé est l’occasion de faire le deuil de son enfance, de son innocence. Seulement, il ne le comprend qu’une fois Sarah partie, sans lui.

J’ai beaucoup aimé le début de ce roman policier : j’aimais beaucoup les va-et-vient entre passé et présent, c’était assez captivant, je pensais tenir un roman exceptionnel et puis je me suis lassée, la quête à Shangaï a été assez laborieuse, les descriptions de combats ou de massacres, l’avancée près de la ligne de front surtout, m’ont paru longues et ennuyeuses. Le dénouement m’a réconciliée avec le roman, parce qu’il est assez inattendu : Christopher malgré ses qualités de détective acclamées de tous, a fait chou blanc. Il n’a cru que ce qu’on a voulu qu’il croie. Le roman se termine ainsi sur une touche douce-amère.

Quand nous étions orphelins, Kazuo Ishiguro, éd. Calmann-Lévy (lu en version brochée, mais il est réédité en poche)