CherDiego-PoniatowskaDernier livre lu : la correspondance imaginaire d’une femme amoureuse à l’homme qui est parti sans elle.

Après avoir passé plus d’une semaine à lire un pavé de 600 pages (je ne lis pas souvent des livres aussi volumineux !), j’ai enchaîné sur les deux tomes de la BD Le Testament du Capitaine Crown, dont je ne vous parlerai pas non plus. Et puis je viens de finir ce tout petit volume, Cher Diego, Quiela t’embrasse de l’auteure mexicaine Elena Poniatowska. Ce livre est, selon la présentation de l’édition que j’ai tenue entre les mains, un des livres mexicains les plus connus. Il s’agit donc d’un récit par lettres, la correspondance adressée par Angelina, depuis Paris, à Diego, son homme, rentré dans son pays, le Mexique.

Diego est peintre, il est habité par la peinture, rien n’a plus d’importance que son art. Angelina, à ses côtés pendant dix ans, s’effaçait pour qu’il exprime son génie. Elle même est peintre. Leur enfant est mort en 1917, à cause du froid et du manque de nourriture. Diego a fui l’Europe, qu’il a fini par abhorrer, sans sa femme si dévouée, si aimante, faute d’argent pour acheter un billet. Il ne lui a jamais écrit une ligne du Mexique. Cette correspondance imaginaire – les personnages ont réellement existé – contient les seules lettres d’Angelina, qui raconte le passé, son présent, son manque d’espoir, son travail, et qui sans cesse quémande une ligne de Diego qui lui dise que c’est fini.

C’est un joli récit, plein de sensibilité, une correspondance intime et pourtant plein de retenue, plein de modestie aussi. Un passage qui m’a frappé ? Lorsqu’Angelina dit que ses meilleures années sont celles où elle a vécu avec Diego, et cela malgré la douleur, la souffrance – il y a eu pourtant la perte de son enfant unique, qui aurait pu être sa consolation alors que Diego est parti.

Cher Diego, Quiela t’embrasse, Elena Poniatowska, éd. Actes Sud, coll. Babel