ame-vent-oh-jung-liL’auteure coréenne Oh Jung-Hi a été traduite et publiée aux éditions Picquier, maison d’édition spécialisée dans la littérature asiatique. L’âme du vent comprend en réalité deux récits d’inégale longueur : L’âme du vent et La soirée. Deux textes qui abordent les thèmes de la peur, de l’errance, des relations conjugales avec ses non-dits, de l’enfance et de la relation mère-enfant, de la honte, de la place de la femme dans la société coréenne.

L’âme du vent est le récit le plus long des deux. Il adopte à certains moments le point de vue de la femme, à certains autres celui de l’homme. Les paroles sont au style indirect. Mais il y a moins de paroles que de pensées enfouies. Chacun garde pour soi ce qu’il pense, essaie de le formuler mais n’y parvient pas. Les langues trébuchent lorsqu’il faut parler, on préfère taire, on préfère parler d’autre chose, et puis quoi dire ? Tout ne peut pas s’exprimer, tout ne peut pas s’expliquer. Pourquoi cette errance ? La femme est en quête de son passé. Le lecteur le découvre en même temps qu’elle, quand sa mère adoptive raconte le peu qu’elle connaît, le traumatisme vécu. Chercher au plus profond de soi des souvenirs, est-ce une façon de vivre ? Pourquoi cette inadaptation à la vie du foyer ? Poussée par le vent, elle ne sait où mènent ses pas.

La Soirée est un récit beaucoup plus court. Une femme se rend avec ses deux enfants à une soirée à laquelle elle est invitée, sans en connaître les raisons. Son mari se rend directement chez leurs hôtes. A son arrivée, la femme découvre qu’il s’agit de tout autre chose que ce à quoi elle s’attendait. Il s’agit d’une garden party avec des notables et des fonctionnaires. L’alcool permet à chacun de discuter avec autrui, les barrières tombent, mais heureusement cette femme parvient à garder une certaine réserve malgré les verres qu’elle boit à la chaîne. Elle décide ensuite subitement de rentrer avec ses enfants. Elle n’a pas d’argent pour le taxi et fait le chemin à pied, alors qu’il fait nuit. Sa réserve tombe lorsqu’elle s’adresse à son fils, elle a honte de s’être laissé aller.

Deux récits lus par curiosité. Je n’ai pas particulièrement aimé ces textes, je trouve cependant intéressant de découvrir une auteure apparemment fort appréciée. J’ai peu lu d’auteurs étrangers jusqu’à présent, j’essaie de rattraper un peu cette lacune.

L’Âme du vent, Oh Jung-Hi, récits traduits du coréen par Lee Byoung-Jou éd. Philippe Picquier.