Mes chers lecteurs,
(Quand je commence ainsi, il faut s’attendre au pire)
Enfin – ceux qui restent !
Aujourd’hui, j’ai fait un tour sur facebook, j’ai lu ce que les pages auxquelles je suis abonnée diffusaient. Sur la page de la Musardine (maison d’édition que j’aime bien, soit dit en passant – je fayotte un peu parce qu’ils doivent m’envoyer plusieurs livres), il y avait un lien vers un article de L’Express consacré aux livres érotiques : « que livre lire ? ». Tiens donc, en plein hiver (malgré mes envies de printemps), L’Express plante un marronnier ? Enfin quoi, les romans érotiques à lire, les livres érotiques incontournables pour la plage, etc., c’est quand même un sujet dont on nous rabat les oreilles et les yeux avant la période estivale. Qu’est-ce que ça vient faire là en mars ? Remarquez, en juin, il y a de la concurrence, chaque magazine y va de ses conseils sexo et de ses lectures érotiques les plus hot à lire absolument. En mars, c’est plus tranquille, de fait l’article sort du lot, on le lit, on le commente même – de manière élogieuse bien sûr (je fais référence aux commentaires déposés sur la page facebook de la maison d’édition mentionnée ci-dessus). Sauf que le contenu ne bouge pas, il n’y a que la saison qui change.

Parce que les livres érotiques incontournables, à lire, après Cinquante nuances de Grey (faut le placer, celui-là aussi, et si possible en début d’article, pas comme moi – ce n’est pas comme ça que je vais relancer les stats de mon blog), franchement, on vous les récite les doigts dans ce que vous voulez. Allez, un effort, je suis sûre que vous pouvez y arriver vous aussi. Il faut un livre de Sade (La Philosophie dans le boudoir peut-être ? parfois un autre, cela dépend), Les Onze Mille Verges d’Apollinaire (facile, il apparaît partout), un livre de Pierre Louÿs (Le Manuel de civilité, non ? Ah non, là, ils en ont choisi un autre), le Gamiani d’Alfred de Musset, Histoire d’O ou Emmanuelle ou les deux (zut, aucun des deux dans la liste en question ? mais c’est presque un crime !), un Anaïs Nin (Vénus Erotica), éventuellement Catherine Millet mais ça dépend de l’humeur du journaliste (il faut un peu de femmes dans la liste, parfois on cite Françoise Rey – avec La Femme de papier bien entendu), quelques auteurs bien connus parce qu’on s’en voudrait de ne pas les citer (Aragon et son Con d’Irène par exemple), un Esparbec c’est essentiel, pour faire « je lis des trucs récents, mais si, c’est du début XXIe siècle celui-là » (La Pharmacienne de préférence, faut pas chercher trop original, cela ferait désordre) et puis parfois un truc sorti d’on ne sait où pour montrer qu’on maîtrise le sujet et que non, on n’écrit pas le même papier que tout le monde (en l’occurrence, c’est Mademoiselle M).

Je propose à tous les magazines qui veulent un papier sur les livres érotiques à lire pendant l’été de leur rédiger un truc de ce genre-là, je ferai juste une petite modification dans chaque liste, pour ne pas laisser croire que c’est toujours la même chose qu’on donne à lire.