Manhattan-PeopleAprès la lecture d’un roman qui a fini par m’écœurer de bons sentiments, c’est une tout autre lecture que j’ai entreprise : celle de Manhattan People de Christopher Bollen, aux éditions Calmann-Lévy. Publié en janvier, il s’agit d’un premier roman de cet auteur, salué apparemment par une presse unanime. Mais il y a des raisons à cela : le roman est vraiment bon.

Dans un New York post-11-septembre, des gens vivent, essaient de vivre du mieux qu’ils le peuvent, se croisent, se parlent, s’envient, écoutent parler autrui, se taisent. Un acteur qui vit de petites pubs réalisées ici ou là, sa femme qui doit justifier de son travail au zoo pour rester sur le territoire américain, des amis ou des ex, leurs histoires, des bribes de vie, celle qui revendique son ascendance indienne, celui qui veut quitter New York où plus rien de bon ne se présente pour lui, des réunions anonymes qui mettent le doigt sur des complots. A chaque chapitre sa petite épopée du quotidien, ses rencontres, les failles de chacun.

« La nuit était la formidable machination de cette ville, songea-t-il. Ils étaient tous venus à New York attirés par l’argent et le succès mais, en réalité, ils étaient aussi venus s’y perdre, se fondre dans son anonymat et disparaître parmi le flot continu de ses neuf millions d’habitants. La nuit masquait l’embarras de ce qu’ils faisaient le jour. » (p. 93/470 sur ma liseuse)

Pour se laver d’un trop-plein de sentimentalisme, c’est parfait.

Manhattan People, Christopher Bollen, éd. Calmann-Lévy, Littérature étrangère, 22,50€