if-rose-mary-westmacottMary Westmacott : ce nom ne m’évoquait rien. Et pourtant, il s’agit d’un pseudonyme d’Agatha Christie. Seulement, pas d’Hercule Poirot, pas de Miss Marple. Dans L’if et la rose, pas d’enquête policière, malgré le classement « polar/thriller » choisi par Le livre de poche. La couverture et le résumé (qui évoque une « passion tragique ») orientaient davantage vers une histoire d’amour. Au final, ce n’est rien de tout ça (enfin si, mais in extremis, l’amour que l’on porte ou que porte Isabella n’est au fond pas le sujet du roman, il n’en est que la conclusion). C’est un roman qui s’intéresse aux caractères, à la psychologie, aux être humains. Qui sont-ils ? Comment et pourquoi agissent-ils ? Il y a ainsi une galerie de portraits, pas physiques, mais moraux, qui sont dressés…

Hugh est invalide, il devient l’auditeur privilégié des habitants d’une bourgade en temps de campagne électorale. On peut même parler franchement devant lui. Quelle importance, puisqu’il est infirme ! Le personnage de John Gabriel, candidat conservateur, est suffisamment intéressant pour lui redonner le goût de vivre… L’agitation des uns et des autres, les remarques parfois acerbes ou à double sens de Hugh, les monologues de John Gabriel, tout est diablement bien écrit et captivant.

Ce roman, contre toute attente, est aussi particulièrement drôle. J’ai souri, j’ai même éclaté de rire. La vie politique locale, l’hypocrisie, le franc-parler de John Gabriel quand il est seul avec Hugh Norreys, les pensées d’Hugh, l’esprit vif de sa belle-sœur Teresa donnent une tonalité humoristique au roman. Parfois sarcastique quand il s’agit de pointer du doigt la vérité sous l’apparence. Ces passages sont servis par un style percutant, c’est vif et bien senti.

Bref, c’est une lecture extra. Un très bon roman que je conseille vivement.

L’if et la rose, Mary Westmacott (Agatha Christie), éd. Le Livre de poche, 6,60€