Lettres-uterusOuvrage collectif dirigé par Marlène Schiappa, Lettres à mon utérus regroupe deux textes masculins (préface et postface) et seize contributions féminines – toutes les contributrices sont présentées succinctement par Marlène Schiappa (elles sont journalistes, auteures, humoristes,…). Ces contributions prennent la forme de lettres : ces femmes s’adressent à un utérus, performant, endommagé, absent, malade, qui leur cause des souffrances ou des joies (parfois les deux), avec lesquelles elles doivent vivre bon gré mal gré. Au final, je retiens surtout un « laisse-moi tranquille ». Car malgré des textes humoristiques, des remerciements à un organe qui a bien travaillé, ou même le texte d’une chanson (pour Julia Palombe), il y a beaucoup de souffrance. L’utérus est un organe qui malmène, qui se rend haïssable. Cette relation distante à l’utérus se mue au fil des ans en accoutumance aux cycles avec des règles (rouges et non bleues comme dans les publicités télévisées, plusieurs le rappellent) parfois très abondantes, qui peuvent être très douloureuses. Il y a pire avec les tumeurs cancéreuses, un fibrome, et puis les réactions du corps médical qui sont épinglées. Les maux féminins sont pris parfois avec si peu de considération… Il y a enfin le rôle procréatif. Certaines le refusent, d’autres l’espèrent, y sont revenues ou ne veulent plus en entendre parler. Les accouchements qui se déroulent sans aucun problème, combien sont-ils ?

La lecture de l’ensemble laisse un constat assez amer. Mais je pense que nous avons toutes quelque chose à reprocher à notre utérus… Certaines lettres m’ont touchée plus que d’autres, parce qu’elles sont émouvantes ou parce qu’elles sont amusantes (je pense pour cette dernière catégorie à la lettre de Marie Minelli sur les « femelles Alpha » et « Bêta »).

Lettres à mon utérus, ouvrage dirigé par Marlène Schiappa, avec les participations de Cassia Carrigan, Nadia Daam, Octavie Delvaux, Géraldine Durand, Camille Emmanuelle, Sandra Franrenet, Marie Lafragette, Johanna Luyssen, Maïa Mazaurette, Marie Minelli, Olivia Moore, Julia Palombe, Delphine Philbert, Gaëlle Renard, Léa Rivière, Juliette Speranza, Stéphane Rose (préface) et Cédric Bruguière (postface), éd. La Musardine, 14 € (parution le 24 mars)