Gwendoline-arrete-fumerMartine Roffinella m’a envoyé un courriel pour me prévenir de la prochaine publication de son court roman Gwendoline arrête de fumer ! aux éditions Nelson District. Le jour même, j’ai reçu une newsletter de NetGalley avec la couverture de ce livre et l’annonce de l’arrivée de cette maison d’édition sur le site. J’ai donc fait ni une ni deux, j’ai téléchargé ce roman et l’ai lu.

Si vous suivez mon blog, vous savez que j’ai lu plusieurs romans et nouvelles de Martine Roffinella, que nous en avons aussi publié dans la collection e-ros. C’est une auteure dont j’aime particulièrement la plume. Quant à Nelson District, c’est une maison d’édition assez récente, numérique (avec la possibilité parfois d’acquérir la version papier des livres, grâce à une impression à la demande), dont j’avais déjà entendu parler (Gilles Milo-Vacéri y a publié un roman policier), mais de laquelle je n’ai encore jamais rien lu.

Gwendoline arrête de fumer ! est un roman court, d’un peu plus de 70 pages sur ma liseuse, qui se divise en quatorze chapitres. Le dernier chapitre est un retour à la normale après les jours angoissants qu’a connu Gwendoline Jaunes. Le premier chapitre peut faire penser à une parodie de roman policier : Gwendoline est effarée d’apprendre que fumer (nous sommes en 1991, alors que la loi Évin vient d’être promulguée) est désormais passible d’amende. Fumer dans les lieux publics seulement, me direz-vous. Mais Gwendoline considère que fumer de manière générale est à présent hors la loi. Elle se débarrasse donc de ces cigarettes comme d’un cadavre. La scène est cocasse.

Les chapitres suivants dressent le portrait psychologique de Gwendoline, confrontée à des TOC. La précision à la seconde, l’organisation méthodique de ses journées et de sa vie. N’est-elle pas pour son entourage « la trotteuse » ? A moins qu’elle ne soit rien, comme invisible aux autres. Ces chapitres deviennent plus angoissants. Gwendoline est piquée par l’aiguille du temps : les minutes qu’elle ne s’autorise plus à utiliser pour fumer sont des minutes gagnées sur le temps officiel. De quoi devenir folle ! Une partie du roman nous oriente ainsi vers le genre du thriller psychologique. Malgré un récit à la troisième personne qui autorise normalement moins facilement une forme d’empathie pour le personnage principal, on se sent, grâce à une écriture minutieuse des gestes, des pensées et des ressentis de Gwendoline, pris dans l’étau temporel du personnage.

Tout au long du roman, on ne sait comment qualifier sa lecture : est-ce cocasse finalement ou est-ce tragique ? Martine Roffinella réussit à nous faire pencher pour l’une ou l’autre interprétation d’un moment à l’autre, et parfois une même scène peut se lire avec un sens double.

Que deviennent les meurtres commis dans un espace-temps qui n’est pas celui d’autrui ? La réponse en lisant cet excellent livre…

Gwendoline arrête de fumer !, Martine Roffinella, éd. Nelson District, parution le 6 mai 2016