frere-astresBenoît n’est pas un enfant comme les autres. Arrivé à l’âge adulte, après la mort de son père, il part avec quelques objets, son chapelet, son Nouveau Testament dont il relit inlassablement l’évangile de Luc. Sa foi l’accompagne. Il marche jour après jour.

Benoît, le prénom qui signifie « béni ». Et l’évangile de Luc, celui des simples, le plus limpide dans son phrasé. A son image, car Benoît recherche la simplicité, l’appauvrissement.

Ses pas le conduisent à Paris, à Notre-Dame. Il reste dans la ville un certain temps (mais qu’est-ce que le temps ? on ne le voit pas passer, c’est tout juste si on a quelques repères de saisons à cause du froid ou du renouveau de la nature, une date au début, une date lorsqu’il est en Ardèche : 2001) avec Le Colonel qui le prend en charge – et profite de l’argent qu’il récolte en mendiant. Benoît, maigre comme un prophète, mystique dans son dénuement, se laisse faire avant de reprendre sa route vers le sud.

Le second arrêt qui dure, c’est lorsqu’il devient berger. Un chrétien, un berger, c’est un peu pareil dit-il. Il travaille dur, se plait au milieu de ces gens qui parlent peu ou trop, qui vivent en harmonie avec la nature. Mais un jour, il part à nouveau.

Il finit par arriver aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Et la mer – était-ce son but ultime ? – est là, immense, devant lui.

Pèlerin ? Clochard ? Jésus ? On le nomme de tant de noms différents. Il n’est qu’un homme qui marche et qui prie.

A l’instar de cet appauvrissement de l’homme, les phrases de ce roman Frère des astres sont parfois rudimentaires. Un pronom personnel et un verbe, un sujet avec un verbe et un complément. Des phrases très courtes. Mais il y a aussi le chant de la prière du quotidien, la langue est aussi alors souvent comme ces paroles que Benoît ne prononce pas, ne fait qu’adresser muettement à la Vierge : poétique.

Au final, le roman est frustre, avec la marche pour seule action, mais riche aussi d’une vie spirituelle, de journées sans ennui, de sensations tactiles, olfactives, que l’écriture sait retranscrire.

Frère des astres, Julien Delmaire, éd. Grasset, 17€  (existe aussi en format numérique)