ile-aux-femmesLa bibliothèque m’offre des percées dans la littérature étrangère. Avec L’île aux femmes de Ho Anh Thai, c’est le Vietnam. J’ai lu ce roman, assez court (puisqu’il ne comprend qu’une petite centaine de pages) dimanche, après avoir finir Les Nouvelles Aventures d’Arsène Lupin, entre deux tomes d’une BD dont je vous parlerai peut-être tout à l’heure.

C’est un roman sur la solitude, la difficulté de vivre sans compagnon et sans compagne quand les démons de la chair taraudent les uns (les hommes) et le désir de mariage et d’enfant les autres (les femmes). Une dichotomie clairement arrêtée dans ce roman, mais qui conduit les deux partis à un secret accouplement. Ne réduisons pas cependant ce roman à cela, même si cela semble le cœur du roman. Il y a la vie rude, la solidarité, la hiérarchie qui peut être corrompue, le travail rédempteur, et bien d’autres motifs dans ce livre qui commence par le récit d’une légende. L’ïle aux femmes a les aspects d’un conte dans ses premières pages, avant de s’intéresser au personnage de Tuong, en ville, et de son amour impossible.

Un assez joli texte dont je me rappellerai sans doute surtout l’intervention d’une femme lors de la confession publique que doit faire une femme enceinte (et non mariée). Cette compagne d’infortune (elle non plus n’a ni mari ni enfant) défend la femme accusée en parlant surtout de son propre cas. Elle aurait pu être à sa place. Toutes ces femmes isolées du groupe de production n°5 l’auraient pu et même, l’auraient souhaité. Comment condamner une femme comme elles toutes, en mal d’enfant ?

L’île aux femmes, Ho Anh Thai, éd. de l’Aube (le roman, publié en 1997 dans sa traduction française, est introuvable sur le site des éditions de l’Aube, je ne ferai donc pas de lien…)