Tribulations-expéditifOn le surnomme l’expéditif. Après son apparition dans un roman paru en 2014 aux mêmes éditions Calmann-Lévy, L’Expéditif, le personnage de Dick Henry revient dans Les Tribulations de l’expéditif. Un roman mené à fond la caisse, centré sur ce personnage-phare qui connaît tout le monde et que tout le monde connaît, auquel on fait appel pour déloger, intimider et botter le cul des indésirables – entre autres. Avec son franc-parler, populaire, teinté de vulgarité, il apostrophe et fait sa loi (qui se démarque quelque peu de l’officielle). Avec son style énergique, ses phrases courtes et fréquentes phrases nominales, ainsi que ses dialogues qui claquent, le roman laisse que peu de répit au lecteur.

Je pense qu’on adhère ou qu’on n’adhère pas à ce polar, en fonction de l’attrait qu’exerce (ou que n’exerce pas) ce personnage hors du commun, sa façon d’être et son langage. En l’occurrence, le genre baroudeur qui a tout vu, tout su, tout connu, le mec à qui on ne fait pas gober n’importe quoi (mais qui se laisse entraîner dans une histoire louche à cause d’une femme qui porte la poisse) ne m’a pas séduite. Or, l’intérêt du roman repose en grande partie sur ce personnage-clef. Je n’ai donc pas aimé cette lecture. Il faut goûter le texte, en lire un extrait, avant de s’y plonger. C’est ce que j’aurais dû faire.

Les Tribulations de l’expéditif, P. G. Sturges, éd. Calmann-Lévy, roman de 288 pages, 20€ (existe aussi en format numérique).