homme-qui-marchait-sur-la-luneL’homme qui marchait sur la lune d’Howard McCord est un livre bizarre. Un homme marche, solitaire, rationnant ses protéines, s’élevant progressivement vers un sommet, relate des bribes de souvenirs, se méfie de tous et notamment de personnes qui pourraient le suivre, le traquer. Pour rester en vie, il faut tuer le premier. On peut le croire fou, lorsqu’il évoque la sorcière et son chat. Il est pourtant parfaitement lucide quand il appuie sur la détente. Entre description de paysages désertiques (la Lune est le nom donné à ce désert rocheux, parce qu’il ressemble à la Lune), pensées et actions, récit de guerre, considération sur son métier de tueur, invectives au lecteur puisqu’il est l’auteur de cette histoire… La mort de l’homme qui le suit est comme émergé d’un songe, ne croit-il pas que cet homme est le chat de la sorcière ? La fin du roman est cependant clairement ancrée dans la réalité, macabre.

Ce récit sème la confusion dans notre esprit, il plane encore dans mes pensées alors que j’en ai fini la lecture hier soir. Je me suis réveillée avec lui, avec la vision de l’homme-chat plus bas au milieu des rochers, c’est dire l’impression tenace que ce livre m’a laissé. Je ne peux pas dire que je l’ai aimé. Disons que j’en aime l’étrangeté et les non-dits.

Livre emprunté à la bibliothèque, un peu par hasard. Quoique, peut-on réellement parler de hasard ? C’est la quatrième de couverture qui a emporté ma décision, et surtout ces mots : « D’une tension narrative extrême jusqu’à sa fin inattendue, L’homme qui marchait sur la Lune est un roman étonnant et inclassable qui, depuis sa parution aux États-Unis, est devenu un authentique livre culte. »

L’homme qui marchait sur la lune, Howard McCord, traduit de l’américain par Jacques Mailhos, éd. Gallmeister