Engrenages-Eric-NeirynckLe nom de l’auteur, Eric Neirynck, ne m’était pas inconnu : je me souvenais qu’il avait travaillé pour Edicool, maison d’édition qui, comme tant d’autres, a disparu. Je ne connaissais par contre pas la maison d’édition qui proposait son nouveau texte, Engrenages. Son nom ? LiLys éditions.

Fraîchement débarquée sur Netgalley (sans quoi je ne l’aurais sans doute pas remarquée), cette maison d’édition qualifie le texte Engrenages d’ « inclassable ». Personnellement, je lui aurais collé l’étiquette de « novella », mot qu’Eric, personnage d’Engrenages, utilise pour qualifier les textes qu’il écrit, tout en spécifiant que c’est ainsi qu’on les appelle, mais que cela n’a aucune importance pour lui.

Ce texte raconte les déboires d’Eric, sa vie de merde en somme. Petits boulots, chômage, peu ou pas d’amour, et sa copine qui se suicide. Lui-même est trop lâche pour se suicider. Réfractaire aux psys, il en voit quand même une, et c’est l’amour enfin, mais pour peu de temps. La mort suit toujours l’amour, à moins que la femme ne s’évanouisse, change de pays. Avec un petit mot d’excuse. La psy lui a cependant laissé quelque chose : l’idée qu’il peut écrire. C’est mieux que rien, Eric s’y raccroche.

Texte pessimiste, narrateur malchanceux : tout porterait à croire que l’histoire qui se déroule (« déroule » est inexact : en réalité, on a souvent l’impression d’un enlisement, d’un immobilisme ou d’une légère avancée suivie d’un retour en arrière, et puis Eric revit une situation similaire, c’est… un engrenage) est monotone et triste. Or, il n’en est rien. Il faut aimer l’humour noir, il faut pouvoir rire de situations désespérées, mais en l’occurrence, cela a bien marché sur moi, j’ai éclaté de rire à quelques reprises.

La faiblesse du récit, du moins de mon point de vue, ce serait ces récits dans le récit, écrits d’Eric personnages greffés dans le texte d’Eric auteur. D’abord, je n’ai pas aimé les textes en question, j’en ai passé des lignes pour arriver plus vite au bout de ceux-ci. Ensuite, mis à part cette mise en abyme, je ne vois pas l’intérêt de ces textes. Ils m’ont ennuyée.

Du bon et du moins bon. L’un dans l’autre, le récit se lit plutôt agréablement tout de même. Une petite soixantaine de pages, le temps de deux cafés sur la terrasse.

Engrenages, Eric Neirynck, éd. LiLys, version papier : 13 €, existe aussi en format numérique, parution le 15 juin 2016