Quoi-qu-il-arriveLorsque Babelio a proposé à des lecteurs de recevoir les livres en compétition pour le « prix Relay », je me suis inscrite. J’ai bien sûr été déboutée, c’est une habitude : je n’ai jamais réussi à être sélectionnée pour ne serait-ce qu’un « masse critique » alors que j’ai essayé quantité de fois. Si je m’étais inscrite, c’était surtout parce que l’un des titres sélectionnés pour ce prix était Quoi qu’il arrive de Laura Barnett dont le pitch était particulièrement alléchant. Déboutée donc, mais pas partout : j’ai sollicité le même livre sur le site Netgalley et l’ai obtenu en format numérique.

J’attendais beaucoup de ce roman. Hélas, attendre beaucoup signifie parfois être déçu. En l’occurrence, je le suis.

Idée, on ne va pas dire follement originale, mais du moins relativement inhabituelle, pour la composition du roman : une rencontre se fait sur le bord d’un chemin, parce qu’un vélo est dégonflé, qu’il passait par là et qu’elle accepte de faire un bout de chemin avec lui. Elle et lui, c’est donc le début de cette histoire, à moins que ce ne soit des naissances racontées en prologue. Cette rencontre fait l’objet de trois versions. Et ces trois versions se poursuivent. Ainsi chaque période de leur vie est racontée successivement de trois manières (dont certaines ne divergent guère). Le résultat est malheureusement pas facilement lisible : on s’y perd, il faudrait pouvoir prendre des repères, se souvenir précisément de ce qui était raconté dans la version 1, 2 ou 3 (puisque les versions portent simplement des chiffres). Ce sont trois romans en un qui nous sont proposés, mais trois romans hachés menus. Le manque de continuité nuit considérablement à ce livre. Peut-être aurait-il mieux valu placer les versions intégrales les unes à côté des autres au lieu de les mêler. Proposer des débuts différents mais un tronc commun. Peut-être différentes fins après une seule narration (comme l’a fait Amélie Nothomb par exemple dans Mercure). Bref, autre chose que ces morceaux de récit qui nous font perdre le fil de la lecture et transforment le plaisir de lire en contrainte. A cause de cela, je me suis hélas vite désintéressée de Quoi qu’il arrive et n’en ai pas terminé la lecture. Je regrette vivement ce nécessaire abandon, vu les éloges que le livre reçoit, j’ai l’impression de passer à côté de quelque chose, mais tant pis… Babelio avait finalement bien fait de ne pas sélectionner ma candidature pour ce prix Relay.

Quoi qu’il arrive, Laura Barnett, éd. Les Escales, 21,90€ (existe aussi en format numérique)