Thermae-RomaeC’est grâce au compte twitter de Nostroblog que je suis assidûment que j’ai eu connaissance de l’existence de ce manga, Thermae Romae. (Voir leur article « la nouvelle garde du manga alternatif« .) Lorsque j’ai jeté un œil dans la partie « mangas » de la librairie Momies, hier, c’était pour voir si par hasard je ne trouverais pas les deux tomes manquants d’Aya conseillère culinaire. La bibliothèque dans laquelle j’ai emprunté les trois tomes que j’ai lus n’avait en effet pas poursuivi la collection. Seulement, la série n’est plus commercialisée, apparemment… Bref, je n’ai pas trouvé Aya mais je suis tombée sur Thermae Romae. L’article de Nostroblog m’avait donné envie de découvrir cette série, j’ai donc acheté les deux premiers tomes pour m’en faire une idée et viens de terminer la lecture du premier volume.

Habituellement, je n’aime pas les mangas. Du moins je n’aime pas ou n’aime guère ceux que j’ai lus jusqu’à présent, parce qu’ils me semblaient immatures, destinés aux ados seulement (voire à des pré-ados). Et puis tous les personnages se confondent vu que les différences graphiques sont faibles, et moi qui ne suis déjà pas physionomiste « in real life » ait le plus grand mal à m’adapter à ces ressemblances physiques. Avec Aya, j’ai découvert tout autre chose. Avec quelques autres aussi, ce n’est pas le seul, je cite Aya parce que c’est le dernier que j’ai lu (avec Quartier lointain enfin lu hier dont je ne vous parlerai pas, parce que tout le monde a lu cette merveille). Avec Thermae Romae, même chose : les personnages ont un physique, une physionomie suffisamment travaillée pour que je ne perde pas le fil et l’histoire ne vise pas spécifiquement un lectorat jeune.

Et puis il y a l’Antiquité romaine, les similitudes et les différences culturelles entre la Rome Antique et le Japon contemporain. Similitudes oui, elles existent, car il y a une véritable culture du bain public, de l’hygiène.

Un architecte romain est en panne de nouveautés. Il ne sait qu’imaginer jusqu’à ce qu’il se trouve projeté dans le Japon contemporain où il découvre un certain nombre de techniques, d’agréments liés aux bains qu’il s’empresse de reproduire, à sa façon, une fois de retour chez lui. Un état comateux marque le passage d’une période et d’un pays à l’autre. L’orgueil romain est mis à mal : cet architecte découvre chez le peuple des « nez plats » une foule d’inventions, parfois simples, qu’il a honte de ne pas avoir découvert de lui-même.

Le procédé du voyage à travers le temps et l’espace est répétitif : dans ce seul premier tome, Lucius effectue ainsi plusieurs « voyages » avec mise en scène d’une pseudo-noyade et réanimation à chaque fois. Si la série continue à ce train, cela risque de devenir ennuyeux. Il n’en demeure pas moins que ce manga est dépaysant, divertissant et même assez amusant.

Des notes de l’auteure sont insérées après chaque chapitre. Elle relate son expérience des bains publics, avec des salles de bain et autres cures thermales, comparant les modes occidentales, japonaises et antiques. Pour elle, les liens entre l’état d’esprit des Japonais et des Romains existent. C’est d’ailleurs ce qu’elle s’efforce de montrer dans ce manga. Lucius découvre cependant des différences frappantes comme la gêne occasionnée par la nudité chez les « nez plats », alors que les Romains sont à l’aise avec elle.

Le manga est un bel objet, il est pourvu d’une jaquette qui n’est pas en papier glacé comme c’est souvent le cas. Il est à remarquer que le personnage de couverture n’y est pas émasculé (cependant, à l’intérieur du manga, les parties génitales ne sont pas montrées, il y a toujours ou un tissu ou une jambe relevée qui les cache.)

Thermae Romae, tome 1, Mari Yamazaki, éd. Casterman, coll. Sakka, publié en 2012