Pour ce challenge écossais dont je parlais précédemment, j’ai songé à six livres que je vais essayer de me procurer. Et puis, j’ai pensé qu’il conviendrait de regarder sur le site eBooks libres et gratuits si je pouvais trouver un roman libre de droit. En l’occurrence, j’ai téléchargé Le Maître de Ballantrae de Robert-Louis Stevenson, datant de 1889.

Le-Maître-de-BallantraeDe l’auteur, je connaissais bien sûr L’île au trésor et L’Étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde, mais rien d’autre alors qu’il a écrit quantité de romans. Le maître de Ballantrae offre des passages dignes de L’île au trésor : récits de tempêtes en mer, piraterie, ivrognerie des hommes, recherche d’un trésor enfoui en territoire indien. Mais pas seulement. Il y a une trame historique : l’histoire se déroule au milieu du XVIIIe siècle, sur un domaine d’Écosse, alors que Jacques Stuart, prétendant au trône du roi George, débarque, la guerre civile est le point de départ du roman car elle amène James, l’aîné, dans un jeu de pile ou face, à partir en guerre.  Le Maître de Ballantrae est un roman d’aventures et de voyage (de l’Écosse, le Maître – James – part en mer, se rend à Paris, en Inde, à New-York…) et surtout un roman psychologique sur deux hommes, deux caractères, deux frères et leur haine, leur capacité de nuisance.

C’est d’ailleurs l’affrontement de deux frères qui crée l’ossature du roman, les passages relatant les aventures du Maître notamment, sont des digressions, documents ajoutés à l’ensemble par le narrateur, un serviteur fidèle du nom de MacKellar. Cet intendant, MacKellar, arrive sur le domaine alors que la réputation du Maître est déjà bien entachée. Cependant, par un étrange retournement, c’est son frère cadet, Henry, que le peuple accuse de tous les maux. Henry acquiert immédiatement la sympathie de MacKellar, mis à l’écart par sa femme (qui aurait dû épouser son frère) et par son père qui a toujours préféré son aîné, et injustement calomnié. Cependant, cet être humilié va voir son caractère évoluer et son désir de vengeance prendre le dessus sur tout le reste, même sur la tendresse qu’il éprouve pour son propre fils. Il sombre dans une forme de folie.  L’aspect manichéen (un frère représente le bien, l’autre le mal) s’estompe, bien et mal finissent par se mélanger, aucun des deux n’est détenteur de toutes les qualités ou de tous les vices.

Le récit est ainsi mené très habillement. Le lecteur perçoit progressivement la noirceur d’Henry. MacKellar n’apparaît pas toujours comme son ami fidèle, il se laisse séduire par James dont la hardiesse et la conversation sont bien plus attractives que la tenue des affaires d’Henry. Le lecteur est à l’image du serviteur : James, que l’on sait mauvais, est pourtant plein de charme, cet être si vil va aussi par moments provoquer la sympathie de MacKellar comme la nôtre.

Le Maître de Bellantrae, Robert Louis Stevenson (à télécharger sur le site eBooks libres et gratuits)

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Premier titre lu dans le cadre du challenge Écosse.

Challenge Ecosse 02