Quand je disais que l’Écosse est à la mode… Ce n’est pas à vous que je le disais ? Alors peut-être n’était-ce qu’à l’éditeur de Sous la cape. Quand il a proposé son projet des Inédits de Sous la cape, je me suis engouffrée dedans avec une histoire érotique comprenant un dinosaure, parce que les dinosaures sont à la mode, d’après du moins certaines publications sur Amazon – et même, je viens de le constater, une prochaine publication des éditions Ska, et que j’avais envie de rigoler un peu. Ne croyez pas que je (sous le nom de ChocolatCannelle) ai sérieusement écrit une histoire érotique avec un dinosaure, tout de même… Le projet des inédits est farfelu, c’est une blague éditoriale : tous les livres auxquels vous avez échappé… Une fois l’affaire du brontosaure réglée, je suis passée à l’Écosse. Car les romances aujourd’hui se doivent d’être écossaises. Les hommes y sont poilus et vêtus d’un kilt sous lequel… on ne sait pas trop, mais cela doit rester subtil, on essaie de deviner s’il y a ou non sous-vêtement.

Mon Cher Stagiaire que j’ai lu cette semaine et à propos duquel la polémique va bon train (vous vous en rendrez compte si vous lisez un peu les médias, du moins ceux qui évoquent des livres) propose aussi une escale en Écosse. (Je fais une parenthèse sur cette histoire de livre de cul qui fait vendre : qu’est-ce que « l’érotisme à la française » dont les journalistes parlent ? J’aimerais bien qu’ils le définissent au lieu d’utiliser une formule toute faite. Autre parenthèse : je comprends parfaitement le point de vue de la famille Calmann-Lévy, une maison d’édition a tout de même une ligne à suivre, on va lire tel éditeur parce qu’il publie telle chose, dans tel registre, il y a une harmonie d’ensemble, et Mon Cher Stagiaire est un peu à côté de la plaque, à mon humble avis. Je n’ai d’ailleurs pas fait attention au début qu’il s’agissait d’une publication de Calmann-Lévy, je croyais que c’était des éd. JC Lattès, c’est dire, enfin bref, revenons à nos Écossais). Je vous propose pour commencer un extrait de Mon Cher Stagiaire où les kilts sont à l’honneur (chapitre 26) :

– Au risque de passer pour un vieux ringard sénile, je vais vous demander de faire un petit effort vestimentaire pour ce soir.

Un majordome en kilt, lui aussi, apparaît avec un vêtement sur un cintre et le tend à Andrew qui me regarde, interdit. Il s’agit d’un kilt magnifique au motif rouge et oranger comme celui que porte Macferlane. Et une ceinture avec une poche en lapin blanc ainsi que des chaussettes à pompons.

–  Tenue correcte exigée à Malavil ! Savez-vous ce que portent les Ecossais sous leur kilt, jeune homme ?

Andrew m’interroge du regard.

– Rien, je crois…

– Très mauvaise réponse ! Sous le kilt, jeune homme, les Écossais portent… le futur de l’Écosse, dit-il en partant dans un rire gras.

C’est assez drôle, mais Andrew, en fils de bonne famille, est choqué.

44-Scotland-StreetCe n’est pas tout. Une de mes dernières lectures était 44 Scotland Street d’Alexander McCall Smith. Et un des passages humoristiques de ce roman concerne aussi un kilt (chapitre 53, Fantasmes). Je le trouve mieux troussé, il correspond du moins plus à mes goûts littéraires :

Ce fut à cet instant que Bruce s’aperçut que, dans sa hâte de quitter son appartement, il ne s’était pas habillé correctement. Certes, il avait revêtu son costume traditionnel des Highlands, sa veste prince Charles aux boutons argentés, son kilt Anderson, le sporran offert par son oncle pour son vingt et unième anniversaire, ses chaussettes blanches de chez Aitken and Nirven, dans George Street, et, bien entendu, sa chemise neuve. En revanche, il avait oublié le slip.

Bruce n’ignorait pas qu’une certaine catégorie d’individus refusaient de porter quoi que ce fût sous leur kilt et qu’ils en faisaient une question de principe. Il savait, comme tout le monde, qu’il existait des traditions dans ce sens, mais il s’agissait là de vieilles coutumes et il ne connaissait personne qui les respectât encore. Non pour des raisons de confort ou de chaleur, peut-être, durant la saison hivernale, mais par simple besoin de sécurité. Un besoin que, au moment de prendre place sur le sofa près de Sasha, il ressentait avec une acuité particulière.

Il se baissa avec précaution, les genoux serrés, prenant bien soin de maintenir les plis du kilt le long de chaque jambe. Puis il se tourna vers Sasha, qui le considérait avec, estima-t-il, une certaine stupéfaction. Avait-elle deviné ?

La suite est cocasse : Bruce se rend aux toilettes (j’aurais dû préciser qu’il est dans la maison de son patron, il doit servir de cavalier à la fille de ses hôtes lors d’un bal des conservateurs où les participants seront d’un nombre très restreint) et voit la buanderie où sont étendus des slips… Je ne vous raconte pas la suite.

Un-kilt-pour-deux-coeursPour en revenir à ma « romance écossaise » sous un nouveau pseudonyme, je lui ai trouvé un titre bien niais, comme il se doit : Un kilt pour deux cœurs. Et la couverture qu’en a fait Pierre Laurendeau est hyper bien trouvée. Je vous la montre (portez votre regard sur le côté droit), ce sera un petit avant-goût de la future publication des Inédits de Sous la Cape. Vous pourrez l’y voir en page 104 de cette « œuvre ». Alors, il y a quoi, sous le kilt ?

Challenge Ecosse 02J’ajoute mon petit logo « Challenge Écosse », pour qu’on s’y retrouve dans mes publications sur ce sujet, même si je ne vais pas compter Mon Cher Stagiaire (il n’y a que quelques chapitres qui se déroulent en Écosse, on y boit du whisky, on y voit des fantômes et on y suce ce qui dépasse des draps) ni Un kilt pour deux cœurs de cette coquine de Suzie Lézemechot dans mes lectures. J’ai d’autres titres en réserve.