blonde-à-forte-poitrineDeuxième roman des éditions Kero que je lis, après Non exclusif, Blonde à forte poitrine prend le curieux parti de nommer le personnage principal, Vickie, en utilisant les périphrases « la fille » puis « la blonde ». Les autres la nomment « chérie », à moins qu’elle ne soit « la star » ou « la pute ». Elle est ce que les autres veulent qu’elle soit, elle ne dit pas non, elle écoute, prend un cachet et s’oublie.

Tout commence dans une friterie, elle est jeune, ensorcelante, elle tombe enceinte du fils du patron. Son enfant est la meilleure chose qui lui soit arrivé, mais elle est rejetée de tous, personne ne la comprend. Pour vivre, et parce qu’elle a ça en elle, ce corps lascif qui fait fantasmer les hommes, elle travaille dans une boîte de strip-tease, se fait refaire les seins bien sûr, une première fois suivie de temps d’autrse, apprend à boire du champagne pour se donner du courage et de plus en plus souvent de petites pilules. Un milliardaire sénile la remarque, l’épouse même, il y a des jours heureux avant que tout ne sombre.

Vickie se laisse gouverner par les autres. Sa vie ne lui appartient pas. Elle est dans la presse people, elle est adulée et haïe, elle fait honte à son fils qui dose ses cocktails de médicaments avant qu’il ne les ingurgite lui aussi, même s’il l’aime aussi. Le personnage de Vickie fait d’ailleurs ressentir au lecteur lui même des sentiments contradictoires : on a pitié d’elle, mais on s’exècre aussi pour sa stupidité, pour sa trop grande naïveté, puis pour son absence de courage.

Ce roman est le récit d’une vie gâchée d’une fille simple qui n’a pas demandé ce qui lui est arrivé, une ascension fulgurante digne d’un « conte de fée » comme Vickie le nommait elle-même, contrainte de paraître heureuse lorsque sa carrière de playmate lui ouvrait tant de portes, un american dream, avec l’envers du décor, jusqu’aux opérations de chirurgie esthétique qui nous sont narrées – écœurantes : cela ressemble à une boucherie – et sa chute inexorable.

Blonde à forte poitrine, Camille de Peretti, éd. Kero, 17,90€ en format papier et 12,99€ en format numérique