branquesBranques est le premier roman d’Alexandra Fritz. Il y est question de folie : à l’intérieur d’un hôpital psychiatrique, quatre personnes nous racontent ou nous sont racontées. Il y a Jeanne, avec les pages de son journal. Ex élève brillante, chômeuse surqualifiée, qui a fait une tentative de suicide. Il y a Tête d’ail si laid, obnubilé par le sexe, qui suit les gens comme un chien le ferait. Patient non interné, il vient en journée et vit le reste du temps chez sa mère, probable cause d’au moins une partie de ses problèmes. Il y a SCI, so called Isis, parce que c’est le nom qu’elle s’est choisie, jeune mère instable. Et puis Frisco, qui apparaît plutôt en deuxième partie du roman, jeune et beau, dealer qui s’est fait prendre pour son état de santé et non pour ce qu’il deale, il est rageur mais s’en sortira de toute manière. Le personnel soignant apparaît aussi au travers des différents récits.

Les relations qui se nouent entre ces quatre personnages sont épisodiques. Certains, comme Tête d’ail, recherchent la compagnie d’autrui, d’autres préfèrent l’isolement. C’est néanmoins la solitude qui domine car chacun reste attaché à ses propres obsessions, même lorsqu’un dialogue s’amorce.

Le roman interroge la normalité. « Qui est fou ? » est-il écrit en bandeau de ce livre. Jeanne, s’adressant à Frisco (ou à elle même, ou à tous même si personne ne l’écoute), défend ainsi avec colère le fait qu’elle s’est fait prendre par des blouses blanches : c’est sa seule raison d’être là, alors que les gens sont tous comme elle, mais ont simplement la chance d’avoir échappé à la séquestration. Cette même interrogation est présente dans une lettre d’Isis.

J’ai eu beaucoup de peine à entrer dans ce roman, car les textes sont le fruit de cerveaux embués, de pensées vagabondes, les phrases sont soit très hachées, soit particulièrement longues et l’on passe du coq à l’âne, si bien que l’on a du mal de se raccrocher aux propos. Le journal de Jeanne est ainsi très décousu. Heureusement, la fin du roman est plus facilement lisible.

Ce n’est pas un roman que j’ai particulièrement aimé. Le sujet de la folie m’intéressait et j’avais envie de voir comment ce roman se construisait, mais la difficulté de pénétration de ce texte en est une pierre d’achoppement.

Branques, Alexandra Fritz, éd. Grasset, coll. Le courage, 17€ en version papier, 11,99€ en version numérique