Deux-pièces AbécassisDans la collection Incipit dans laquelle figure L’Ancien Régime de François Bégaudeau que j’avais précédemment lu a été aussi publié un récit d’Éliette Abécassis intitulé Deux-pièces. Ce récit d’un peu moins de cent pages relate le défilé en maillots de bain, en 1946, au cours duquel une danseuse – car aucun mannequin n’a voulu porter un maillot d’une telle indécence – a arboré un bikini. Ce maillot, imaginé par Louis Réard, qui s’est improvisé styliste à cette occasion, est l’objet de tous les regards. Il fascine et révulse, on l’admire et le condamne. Son nom vient d’un atoll du Pacifique…

Éliette Abécassis construit une histoire en marge de ce défilé : Gaby et Antoine, qui se sont fréquentés avant la guerre, se croisent à nouveau, reprennent contact, doucement, en conversant. La vie d’après-guerre incite à la légèreté, le bikini en est une manifestation, un goût de liberté retrouvée. Mais l’après-guerre peut aussi être amer. Antoine relate sa guerre, le STO, la fuite, la résistance. Gaby reste vague sur ces années, jusqu’à la chute de ce court roman.

L’histoire du bikini se confond ainsi dans Deux-pièces avec l’histoire de la France et ses années de guerre. Ce récit apporte une profondeur à un sujet de mode. Il y est moins question de triangles de tissu que marques laissées par la 2nde guerre mondiale. C’est inattendu et cela m’a plu.

Quelques pages documentaires sur l’histoire du bikini et sur sa consécration concluent ce livre, qui est aussi un très bel objet.

Deux-pièces, Eliette Abécassis, ill. de couverture de Thibault Balahy, Steinkis Groupe / Editions Prisma, coll. Incipit, 12€