J’ai lu deux romans policiers historiques ces derniers jours. Voici quelques lignes à leur sujet.

Mystère rue des Saint-PèresLe premier de ces romans policiers historiques fait partie de la collection Grands détectives des éditions 10/18, il s’agit du premier tome des Enquêtes de Victor Legris : Mystère rue des Saint-Pères de Claude Izner. Victor Legris est libraire. L’histoire se déroule à Paris pendant l’exposition universelle de 1889, aux abords ou sur la Tour Eiffel. Le personnage principal enquête sur des morts suspectes (par « piqure d’abeille » ?) mais manque d’ordre et d’organisation, oublie des éléments… Ce n’est donc pas une enquête rigoureuse. L’intérêt de ce roman tient davantage dans le portrait de certains personnages et dans l’ambiance. C’est amusant de lire des réflexions sur l’exposition universelle et les babioles qu’on y trouve alors que je me suis rendu en octobre dernier à celle de Milan. Une exposition commerciale, chère et vide d’intérêt (à quelques exceptions près). La belle rousse dessinatrice, caricaturiste pour un journal, m’a fait penser à Lizzie (de Lizzie sexporatrice du temps de Jip)…  A cause de sa chevelure bien sûr, mais aussi de sa hardiesse. Toute cette aventure tourne autour d’un journal à sensation, vendu à la criée, c’est un des aspects du livre que j’ai aimé.

Meurtres à la pomme d'orLe deuxième est publié au Livre de poche. Je l’ai reçu en cadeau grâce à l’opération actuelle « 2 achetés, un gratuit ». Comme il s’agissait d’une commande sur Internet, je n’ai pas choisi ce titre, mais je dois dire que ce choix que l’on a fait à ma place a été très judicieux. Meurtres à la pomme d’or de Michèle Barrière est un roman policier à nouveau, cette fois-ci à l’époque de la Renaissance, avec des figures historiques connues (ou moins connues, mais tout autant existantes). Il y est à la fois question de cuisine, d’anatomie et de médecine, de plantes et de leurs vertus, de voyage à travers le sud-est de la France (l’histoire commence à Montpellier) et au nord de l’Italie, d’universités prestigieuses comme celle de Bologne, de guerre menée entre les apothicaires et les épiciers, de conflits religieux entre catholiques et juifs, entre catholiques et protestants, de joie de vivre et d’austérité. Bref, un roman foisonnant, particulièrement intéressant, qui se conclut sur une galerie des personnages historiques évoqués et sur l’histoire de la tomate (la fameuse « pomme d’or » du titre). Là encore, on peut regretter l’absence d’enquête, ce n’est pas un roman policier comme on pourrait en lire ailleurs. Les personnages principaux vadrouillent au lieu d’enquêter sur place comme finit par le faire un personnage, et c’est bien sûr lui qui trouve qui fait quoi et accuse à tort leur ami Catalan. Il s’agit donc moins d’un « roman policier historique » que d’un roman historique avec comme fil directeur une recherche qui permettra de libérer un innocent. (A noter, lors de son séjour dans la festive Bologne, le personnage de François est attiré par un homme et se pose des questions sur cette attirance – réciproque d’ailleurs, comme le prouve son hôte ; d’où le fait que je vais proposer ce titre dans la liste des lecture du challenge LGBT de Livraddict.)

Au final, deux « romans policiers historiques » intéressants, moins pour l’enquête elle-même que pour leur aspect historique. Une préférence pour Meurtres à la pomme d’or, parce que la Renaissance est une période qui m’intéresse davantage que la fin du XIXe siècle et que j’ai trouvé ce livre fort bien documenté.

Les Enquêtes de Victor Legris, tome 1 : Mystère rue des Saint-Pères, Claude Izner, éd. 10/18

Meurtres à la pomme d’or, Michèle Barrière, éd. Le Livre de poche