Le manoir des dames - Miss SilverMiss Silver, détective

En quête d’une série parmi les « Grands détectives » des éditions 10/18, j’ai essayé récemment Victor Legris (je vous ai parlé de Mystère rue des Saint-Pères) avant de porter mon dévolu sur les enquêtes d’une vieille dame, Miss Silver. Une dame qui tricote tout en écoutant les confidences et commérages, cela ne vous rappelle rien ? Miss Marple bien sûr. Créé avant le personnage de Miss Marple, Miss Silver n’a rien à envier au personnage d’Agatha Christie. Elle aime taquiner, elle rassure et fait preuve de perspicacité.

Une de ses enquêtes : Le Manoir des dames

Je viens de lire Le Manoir des dames de Patricia Wentworth, qui n’est pas la première enquête de Miss Silver (j’ai pioché au hasard), et je suis ravie de cette lecture. Dommage que la bibliothèque près de chez moi ne propose apparemment aucun titre de ses enquêtes…

Le personnage de Miss Silver n’intervient pas avant le chapitre 12. Elle est véritablement détective et se fait payer pour son travail, différence majeure avec Miss Marple. Le manoir qui donne son titre au livre est le lieu, un peu à l’écart du village, où des drames se jouent. Sont mis en jeu l’intimidation, la jalousie, les liens familiaux, l’amour, la confiance, le dévouement, la dissimulation, la ruse, le chantage… Les personnages fonctionnent en petits noyaux connectés les uns aux autres. L’argent semble le mobile premier d’un possible meurtre (car il n’y a aucune certitude, ce peut être un stupide accident), devrait être celui d’une tentative de meurtre (mais comment prouver qu’il y a eu tentative de meurtre ?). La mort ne touche finalement que des personnages que l’on ne regrette guère (ou du moins que beaucoup ne regrettent guère). Une histoire d’amour se tisse en sus, mais sa place est anecdotique par rapport à l’ensemble.

Thé et campagne anglaise

Ce que j’aime par dessus tout dans ce roman, c’est la vie de la campagne avec ses personnages, leurs manies, leurs défauts, les sentiments, bons ou mauvais, qui les motivent. Je suis aussi sensible à l’atmosphère qui est créée, ça sent un peu la naphtaline, les vieilles dames conservent avec dévotion leur service à thé en porcelaine, on s’extasie d’avoir de l’eau chaude, les domestiques s’affairent auprès des maîtres depuis tant d’années que leurs parents parfois aussi servaient au domaine… C’est une sorte d’arrêt sur image sur un temps révolu, dans la campagne anglaise, et je suis particulièrement sensible à cette ambiance.

Je vais très certainement lire d’autres livres de Patricia Wentworth !

Un dernier mot : j’adore cette nouvelle couverture, je crois que c’est cette couverture qui m’a fait d’ailleurs pencher vers l’achat de cette enquête-ci plutôt qu’une autre, pour commencer.

Le manoir des dames, Patricia Wentworth, traduit de l’anglais par Anne-Marie Carrière, éd. 10/18, coll. Grands détectives (apparemment disponible aussi en version numérique aux éd. 12-21, mais à un prix supérieur à la version papier !)