Épicure en CorrèzeFolio, des éditions Gallimard, réédite Épicure en Corrèze (publié en 2014 aux éd. Stock) de Marcel Conche, philosophe, amateur de philosophie antique dont il a traduit et commenté un certain nombre de textes.

Ce petit livre tient autant de l’autobiographie (voire des mémoires), de l’essai, de la réflexion philosophique, du récit de la vie rurale. C’est un condensé de choses et d’autres : on y suit Marcel enfant et sa famille, sa scolarité mouvementée, ses rencontres amoureuses et amicales, ses lectures, découvertes littéraires et philosophiques. On y trouve des réflexions sur les classes sociales, sur la guerre, sur la vieillesse versus la jeunesse, sur la mort… Marcel Conche y manifeste son goût pour l’Antiquité, à travers les philosophes Héraclite et Épicure, à travers des références aux dieux grecs, Dionysos par exemple qu’il évoque dès les premières pages du livre.

Marcel Conche inspecte sa vie à l’aune des préceptes (ou « remèdes » est-il écrit dans ce livre) d’Épicure (que l’on connaît grâce au De natura rerum de Lucrèce) qui garantissent le bonheur.

– les dieux n’interviennent pas (Marcel Conche parle assez longuement de son athéisme, des limites de l’amitié avec un croyant,…),

– la mort n’est rien pour nous (les dernières pages évoquent l’euthanasie par exemple),

– le bonheur peut s’obtenir et la souffrance être évitée en limitant ses désirs à ceux qui peuvent être satisfaits (la vie campagnarde, où l’on se satisfait de peu, est longuement évoquée).

Au final, j’ai trouvé ce livre assez curieux, il s’agit d’une promenade à travers une vie avec de nombreuses digressions, des affirmations parfois péremptoires : Marcel Conche affirme souvent une opinion arrêtée, ferme. Il s’interroge sur la justesse de sa vie. Ce texte est une sorte de confession laïque avant d’en finir avec la vie.

(Un livre reçu grâce au partenariat passé entre Folio et Livraddict, merci !)

Épicure en Corrèze, Marcel Conche, éd. Folio, 6,50€